Edmond Cazal

Élements biographiques

Edmond Cazal Voluptés de guerre (1918)

Le sommier et les matelas s'incurvaient sous mon poids ; les couvertures et le duvet ballonné faisaient peu à peu succéder à la fraîcheur des draps une tiédeur pénétrante. Je me remuais doucement comme un chat qui fait le gros dos sous la main d'une jeune fille !...
Et je crois bien que je ronronnais !... Le sommeil me prit insensiblement, et je dus continuer, dans mes songes, à soupirer
avec extase : « Ah ! que c'est bon ! que c'est bon ! »
Il est des hommes à qui les voluptés passées n'inspirent que des regrets. Pour moi, leur souvenir, tout au contraire, est une volupté de plus.
Source : Gallica

Edmond Cazal Voluptés de guerre (1918)

Par une après-midi semblable, l'année dernière, je haletais sur une route poussiéreuse, les pieds meurtris, les épaules sciées par les courroies de mon sac. Je goûtais alors la rude volupté de la souffrance consentie, du sacrifice volontaire, de la mort acceptée. J'aurais pu mourir comme des milliers d'hommes, et autant qu'eux avec une joie violente et farouche...
Mais je vis !
Pour tous les hommes qui vivent dans l'ardente joie de sa lumière et de sa chaleur, cet été puisse-t-il être le dernier des étés où l'on tue !
Source : Gallica

Edmond Cazal Voluptés de guerre (1918)

Est-ce que la France tout entière n'y arrivera pas, à Berlin, quand des milliers de cadavres en auront jalonné la route ! Qui donc, parmi nous, ne possède pas, clair ou confus, le sens du devoir français qui prescrit de souffrir et de mourir pour que les belles idées fassent plus belle la vie du monde et pour que les hommes goûtent mieux, dans les intervalles de paix, la volupté de vivre ? Qui donc, parmi nous, conscient ou non, n'a pas fait d'avance, à cet idéal, le sacrifice de sa propre vie ?...
Source : Gallica

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