Edmond Cazal, Voluptés de guerre (1918)
“ Le sommier et les matelas s'incurvaient sous mon poids ; les couvertures et le duvet ballonné faisaient peu à peu succéder à la fraîcheur des draps une tiédeur pénétrante. Je me remuais doucement comme un chat qui fait le gros dos sous la main d'une jeune fille !... Et je crois bien que je ronronnais !... Le sommeil me prit insensiblement, et je dus continuer, dans mes songes, à soupirer avec extase : « Ah ! que c'est bon ! que c'est bon ! » Il est des hommes à qui les voluptés passées n'inspirent que des regrets. Pour moi, leur souvenir, tout au contraire, est une volupté de plus. ”
