Résumé

Alexandre Ducros Les étrivières, 1867-1885 (3e édition… (1898)

Assassinat de Victor Noir
C'est bien ! — Murat bâtonne et Bonaparte tue ! Qui donc ose parler encor de liberté ?
Pour l'étouffer vivante avant sa puberté,
Aux genoux de César, Brutus se prostitue !
France, courbe le front, plus de vaine fierté ;
Murat, Murât bâtonne et Bonaparte tue !
Mais où donc marchons-nous, que va-t-il advenir ? Que sommes-nous, enfin ? peuple ou bêtes de sommes ? Est-ce un coeur qui palpite en nos poitrines d'hommes, Ou d'un coeur n'avons-nous rien que le souvenir ? Non ! la peur nous terrasse ! Ah ! lâches que nous sommes !
Source : Gallica

Alexandre Ducros Les étrivières, 1867-1885 (3e édition… (1898)

A dilaté le coeur des sujets de l'Empire,
Et calmé le ventre Allemand.
Il pourra digérer, cuver dans la taverne,
En paix, le ferment des houblons,
La joie éclate enfin au pays où gouverne L'Empereur des ivrognes blonds.
L'homme en qui s'incarnait la revanche implacable, Le tribun au verbe invaincu ;
L'homme à la foi robuste et tenace, impeccable, L'ardent patriote a vécu !
Gambetta!
Ce nom seul aux oreilles germaines, Sonnait comme un clairon d'airain !
Et les ans s'écoulaient courts comme des semaines...
Et tous regardaient vers le Rhin !
Source : Gallica

Alexandre Ducros Les étrivières, 1867-1885 (3e édition… (1898)

Couvraient de gloire le berceau ! D'un bond franchissaient la frontière Et couraient sur l'Europe entière, Liberté, planter ton drapeau ?
« Où sont-ils ces obscurs célèbres ? Dans leur suaire ensanglanté,
Dort avec eux la Liberté ;
L'ardent flambeau s'est fait ténèbres ! Les fils, lâches, indifférents,
Tendent aux chaînes des tyrans Leurs mains d'où l'épée est tombée ! La France, grande nation,
Sous la honte et l'abjection,
Comme un esclave s'est courbée ! »
Mensonge ! La France est debout ! Elle dormait ; elle s'éveille ! Et l'hymne sainte de Marseille, Gronde comme une mer qui bout !
Source : Gallica

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