Résumé

L'homicide d'Auteuil. Affaire Pierre Bonaparte (1870)

L'étroite ouverture est bientôt obstruée; Gustave Flourens monte sur le siège , il harangue la foule et réclame un passage pour le mort.
La bière est enlevée, aux cris de « Vengeance ! Justice ! » par vingt hommes qui se disputent pour conduire le corps de Victor Noir.
Le chapeau et le gant qu'il portait lorsqu'il reçut la balle sont déposés sur le cercueil, dépourvu de drap mortuaire.
Louis Noir précède le cortége, il est porté, et se défend contre toute ovation.
Il réclame, une fois encore, le calme, la dignité, il invoque le respect dû aux morts.
Source : Gallica

L'homicide d'Auteuil. Affaire Pierre Bonaparte (1870)

Tous ces hommes inconnus les uns aux autres ressentent à la même heure comme un frisson de fièvre et de colère. L'indignation les rapproche, la piété fraternelle les réunit, et ces deux sentiments
sentiments battent dans tous ces coeurs constituent une immense famille.
Que le gouvernement me permette de lui faire part d'une observation qui n'est pas sans importance : le mot sieur accolé au nom de Victor Noir dans le décret de convocation de la haute cour, et mis en regard du titre de prince qui précédait le nom de Pierre Bonaparte, a produit la plus détestable impression.
Source : Gallica

L'homicide d'Auteuil. Affaire Pierre Bonaparte (1870)

Pauvre garçon !
Il ne se doutait guère, celui-là, qu'il aurait des obsèques plus magnifiques que celles des puissants de la terre; que cent mille hommes quittant leurs cabinets d'étude, leurs affaires ou leurs ateliers, suivraient son cercueil !
Chevaux dételés, bras puissants tirant le char funèbre, larmes et cris de la foule, rien n'a manqué à l'apothéose de cet enfant du peuple, adopté par le peuple.
Admirable sentiment de fraternité et de solidarité de la démocratie ! Elle se sent blessée par la balle qui a troué la poitrine d'un de ses membres.
Source : Gallica

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