Claude Vignon

Résumé

Claude Vignon Jeanne de Mauguet

Mademoiselle Jeanne est une nature trop au-dessus des faiblesses humaines pour les deviner, reprit l’abbé. Elle a tant de virile énergie, d’activité, de passion pour le but qu’elle poursuit, qu’elle ne songe pas à s’insinuer doucement dans le cœur de sa nièce pour le diriger ou le préserver. Il lui semble que cette jeune femme ne doit vivre aussi que pour relever la maison de Mauguet, et qu’elle doit se contenter d’être l’anneau qui relie le passé au présent et rattache la chaîne des vicomtes de Mauguet.
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Claude Vignon Jeanne de Mauguet

L’abbé Aubert regardait Jeanne avec une expression de tendresse et de pitié profondes.
— Ma chère sœur ! s’écria-t-il, Dieu vous saura gré de tant de courage ! mais cessez, je vous en prie, de vous torturer le cœur. Croyez-vous donc que je n’y ai pas lu ? Vous aimez Louis de toute votre tendresse. Vous l’aimez comme on aime alors qu’on éprouve en même temps les premières émotions de l’amour et toutes les appréhensions de l’âge mûr. Et puis vous sentez ce qu’il vaut, ce bon, ce brave Louis ! Acceptez son dévouement. Lui aussi vous apprécie à votre valeur...
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Claude Vignon Jeanne de Mauguet

Le bonheur même ne saurait le satisfaire dès qu’il est exempt de péripéties. On dirait que les émotions sont la nourriture de l’âme, et que dès qu’elles s’apaisent, l’inanition commence. La lutte, c’est la vie après tout ! il ne faut peut-être pas être trop heureux...
— C’est ce qui m’aura perdu ! interrompit le vicomte.
— Je crois, dit Jeanne, qu’il faut en toutes choses se soumettre à la Providence et adorer ses décrets. Il y a des créatures taillées pour la lutte. Il y en a d’autres qui doivent, en naissant, trouver leur existence toute préparée.
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