“ L’AMOUR PAR TERRE Le vent de l’autre nuit a jeté bas l’Amour Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc, Souriait en bandant malignement son arc, Et dont l’aspect nous fit tant songer tout un jour ! Le vent de l’autre nuit l’a jeté bas ! Le marbre Au souffle du matin tournoie, épars. C’est triste De voir le piédestal, où le nom de l’artiste Se lit péniblement parmi l’ombre d’un arbre, Oh ! c’est triste de voir debout le piédestal Tout seul ! et des pensers mélancoliques vont Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond Évoque un avenir solitaire et fatal. Oh ! ”
Paul Verlaine
Résumé
“Fêtes galantes”, est une œuvre de Paul Verlaine. Des thèmes tels que pensers, courtes vestes ou allée y sont abordés.
Citations de Fêtes galantes (Paul Verlaine)
“ À LA PROMENADE Le ciel si pâle et les arbres si grêles Semblent sourire à nos costumes clairs Qui vont flottant légers avec des airs De nonchalance et des mouvements d’ailes. Et le vent doux ride l’humble bassin. Et la lueur du soleil qu’atténue L’ombre des bas tilleuls de l’avenue Nous parvient bleue et mourante à dessein. Trompeurs exquis et coquettes charmantes, Cœurs tendres mais affranchis du serment, Nous devisons délicieusement, Et les amants lutinent les amantes De qui la main imperceptible sait Parfois donner un soufflet qu’on échange Contre un baiser sur l’extrême phalange ”
“ Fardée et peinte comme au temps des bergeries, Frêle parmi les nœuds énormes de rubans, Elle passe, sous les ramures assombries, Dans l’allée où verdit la mousse des vieux bancs, Avec mille façons et mille afféteries Qu’on garde d’ordinaire aux perruches chéries. Sa longue robe à queue est bleue, et l’éventail Qu’elle froisse en ses doigts fluets aux larges bagues S’égaie un des sujets érotiques, si vagues Qu’elle sourit, tout en rêvant, à maint détail. — Blonde en somme. Le nez mignon avec la bouche Incarnadine, grasse, et divine d’orgueil Inconscient. ”
