Paul Verlaine

Paul Verlaine

Résumé

Portrait de Paul Verlaine Paul Verlaine Romances sans paroles (1874)

Et mon coeur, mon coeur trop sensible Dit à mon âme : Est-il possible,
Est-il possible, — le fût-il, —
Ce fier exil, ce triste exil ?
Mon âme dit à mon coeur : Sais-je Moi-même, que nous veut ce piège
D'être présents bien qu'exilés,
Encore que loin en allés ?
VIII
Dans l'interminable Ennui de la plaine La neige incertaine Luit comme du sable.
Le ciel est de cuivre Sans lueur aucune On croirait voir vivre Et mourir la lune.
Comme des nuées Flottent gris les chênes Des forêts prochaines Parmi les buées.
Le ciel est de cuivre Sans lueur aucune On croirait voir vivre Et mourir la lune.
Source : Gallica

Portrait de Paul Verlaine Paul Verlaine Romances sans paroles

Il pleut doucement sur la ville.
(Arthur Rimbaud.)
Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.
C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peine !
Source : Wikisource

Portrait de Paul Verlaine Paul Verlaine Romances sans paroles

C’est l’extase langoureuse,
C’est la fatigue amoureuse,
C’est tous les frissons des bois
Parmi l’étreinte des brises,
C’est, vers les ramures grises,
Le chœur des petites voix.
Ô le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susure,
Cela ressemble au cri doux
Que l’herbe agitée expire...
Tu dirais, sous l’eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.
Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante
C’est la nôtre, n’est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s’exhale l’humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ?
Source : Wikisource

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