Paul Verlaine,
Romances sans paroles
(1874)
“ Et mon coeur, mon coeur trop sensible Dit à mon âme : Est-il possible, Est-il possible, — le fût-il, — Ce fier exil, ce triste exil ? Mon âme dit à mon coeur : Sais-je Moi-même, que nous veut ce piège D'être présents bien qu'exilés, Encore que loin en allés ? VIII Dans l'interminable Ennui de la plaine La neige incertaine Luit comme du sable. Le ciel est de cuivre Sans lueur aucune On croirait voir vivre Et mourir la lune. Comme des nuées Flottent gris les chênes Des forêts prochaines Parmi les buées. Le ciel est de cuivre Sans lueur aucune On croirait voir vivre Et mourir la lune. ”

