Résumé

Claude Boyer,  Fédéric, tragicomédie

“ Si l'un est sans amour, il m'offre son appui ;
Pour Fabrice, il m'adore, et j'attends tout de lui.
FLORISE. Quoi, Fabrice vous aime ?
CAMILLE. Oui, sa flamme est extrême.
FLORISE. Qui vous l'a dit ?
CAMILLE. Ses yeux m'ont dit cent fois qu'il m'aime.
FLORISE. Vous fiez-vous si fort au langage des yeux ?
CAMILLE. C'est le plus sûr langage, et rien ne parle mieux.
FLORISE. Mais, Madame, aimez-vous ou Fabrice, ou Valère ?
CAMILLE. Fabrice dans mon coeur l'emporte sur son frère ;
Mais comme je dédaigne un roi qui n'aime pas,
Un amant sans couronne a de faibles appas.
”
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Claude Boyer,  Fédéric, tragicomédie

“ VALERE. Ô ciel !
YOLAND. Quoi ? Fédéric.
FREDERIC. Ne croyez pas, Madame,
Que trop ambitieux, j'aspire à votre flamme.
Si je l'avais été, mon rang et mon emploi,
Depuis que vous régnez, m'auraient pu faire roi.
Naples m'offre son trône après une victoire ;
À Camille, à mon Fils, j'en veux céder la gloire ;
Et vous pouvez juger après cette action,
Si mon coeur a brûlé de quelque ambition.
Vous savez que ce feu qui jamais ne s'arrête,
Peut par le crime même aller à sa conquête ;
Et qu'un coeur embrasé par un si vaste espoir,
Ne se refuse rien, quand il peut tout avoir.
”
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Claude Boyer,  Fédéric, tragicomédie

“ LE ROI. Oui, lorsque vous rendez tout mon espoir confus,
Si ce billet fut vrai, sachez qu'il ne l'est plus.
Vous perdez tout, ingrat, en adorant Camille :
Tous les biens que le ciel vous gardait en Sicile,
Tout ce que vous avez de grandeur dans ma Cour,
Tout a péri pour vous par cet indigne amour.
VALERE. Quoi, mon amour est-il digne de tant de haine ?
Ne m'ordonniez-vous pas d'espérer une reine ?
LE ROI. Non, je vous le défends ; et mon juste transport
Hait votre ingratitude à l'égal de la mort.
VALERE. Pour vous plaire, Seigneur, que faut-il que je fasse ?
”
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