Résumé

Henri Boutet Les heures de la parisienne : illustrées de douze pointes sèches (1899)

Nous avons beau savoir tout cela, c'est tout de même irritant de penser qu'elle ne s'éveille que pour cet homme indifférent aux regards profanes.
* * *
Sous la laiteuse transparence des rideaux, elle s'étire comme une chatte parèsseuse, comme une chatte qui a trop dormi et qui voudrait dormir encore, - s'allongeant, se recroquevillant, accusant sous la batiste légère les lignes de la plus troublante harmonie, enfonçant la toison blonde de ses cheveux dans l'oreiller, d'où des mèches rebelles s'échappent, jouant dans la dentelle, semant des reflets d'or sur le blancheur des draps.
Source : Gallica

Henri Boutet Les heures de la parisienne : illustrées de douze pointes sèches (1899)

C'est la promesse pour le dessert, petite femme grassouillette et rosée, de vos bras nus qui verseront le Champagne; de votre nuque blonde que chercheront les lèvres ; de tout ce qui est en vous de charme, d'effronterie et de propos menteurs ; et si, par hasard, s'envole de vos lèvres un mot vrai, une chose douce échappée à la jeunesse de votre âme, on rira, mais personne ne ramassera la fleur que vous aurez laissée tomber, là, sur la table en désordre, dans le heurt des verres et des propos salés !
Source : Gallica

Henri Boutet Les heures de la parisienne : illustrées de douze pointes sèches (1899)

Tout à l'heure, toute la volée de corsages clairs et de cheveux ébouriffés aura repris sa place autour des tables où dorment les jupes de satin et les volants de dentelle.
Au loin, mélancoliques, s'en iront les messieurs bien mis, décorés, en pardessus noisette, qui, à l'heure du déjeuner, ornent les portes des ateliers de modistes, et qui, maintenant, s'en vont reprendre dans la vie des fonctions plus sereines mais moins douces à épancher leur âme que celle de donner à manger aux petits oiseaux.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature