Résumé

Édouard Grimard L'esprit des plantes : silhouettes végétales (1869)

Au début de l'existence, ces infiniment petits que l'œil nu ne saurait apercevoir, semblent possédés de la passion du cumul. Chaque atome nouveau-né est pris comme d'une sorte de vertige à l'entrée de ce beau royaume de vie qui s'ouvre devant lui. Éperdu, il hésite, avance, recule, se trompe d'avenue, prend d'abord celle qui conduit au règne supérieur, puis revient sur ses pas. « Non, dit-il, je ne suis qu'une plante » ; et, s'accrochant au rocher du rivage ou au bois mort que pousse la vague, il se met à germer.
Merveille incomparable !
Source : Gallica

Édouard Grimard L'esprit des plantes : silhouettes végétales (1869)

La rose à cent feuilles a le parfum il est vrai, ce parfum sans pareil, qui n'a d'autre rival, icibas, que celui de la vanille ; mais l'autre, dites-moi, quelle petite merveille fleurie ! Connaissez-vous rien de plus joli, dans tout le règne végétal, quun bouton de rose mousseuse? Ce calice émeraude qui tranche sur le fin tissu des pétales par les élégantes rugosités dont il est recouvert, ces deux couleurs complémentaires si merveilleusement assorties, et enfin cette corolle repliée en bouton, sorte d'œuf rose enveloppé d'un brin de mousse verte.
Source : Gallica

Édouard Grimard L'esprit des plantes : silhouettes végétales (1869)

Aussi loin que va le regard, s'étendent, sans limites et d'un horizon à l'autre, ces surfaces incommensurables où quelques arbres rares et solitaires parviennent à peine à couper les grandes lignes du paysage. Alors, nous raconte Humboldt dans une de ses descriptions de l'Amérique méridionale, alors que sous les rayons d'un soleil que nulle vapeur ne voile pendant des mois entiers, la couverture herbacée se dessèche au point de tomber en poussière, le sol durci s'entr'ouvre et se crevasse à une profondeur telle, que l'on dirait qu'il a été disloqué par quelque convulsion volcanique.
Source : Gallica

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