Résumé

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Lectures sur la botanique, par J.-Henri Fabre… (1881)

Déjà ses folioles s'entr'ouvrent à demi comme pour regarder, craintives, si l'ennemi n'est plus là. Les folioles tournent lentement sur leur base, les feuilles se redressent et s'étalent. C'est fait. La plante, remise de son émotion, sourit au soleil qui la console. Mais au premier danger la même panique va la gagner. Et comme il en faut peu pour effrayer une Sensitive! Le coup d'aile d'un scarabée qui passe, le choc d'un grain de sable chassé par le vent, un rayon de soleil trop fort, l'ombre d'un nuage, cela suffit pour la faire tomber en pâmoison. Pauvre plante qui pour un rien se meurt!
Source : Gallica

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Lectures sur la botanique, par J.-Henri Fabre… (1881)

La feuille s'abreuve aussi au flux de la sève ; elle y choisit des matériaux à sa convenance et en compose son coloris, ses parfums. Le fruit y puise sa matière à fécule, sa matière à sucre, sa matière à gelée ; le bois y récolte de quoi se faire des fibres, de quoi s'endurcir de ligneux; l'écorce y prend pour son étui de liège, pour ses fines dentelles de liber. Pauvre d'aspect, ce liquide n'est rien en apparence ; en réalité, c'est tout. Il est la grande mamelle de la Vie. Directement pour la plante, indirectement pour l'animal, le monde entier s'abreuve à ce courant fécond.
Source : Gallica

Portrait de Jean-Henri Fabre Jean-Henri Fabre Lectures sur la botanique, par J.-Henri Fabre… (1881)

L'air est comme l'essaim de la ruche végétale : il arrive aux stomates avec une charge de charbon butiné dans les veines de l'animal, sur le tison embrasé, sur les matières en putréfaction ; il le cède aux cellules et repart, infatigable, pour de nouvelles récoltes.
C'est ainsi que l'atmosphère conserve une composition invariable, malgré les immenses torrents d'acide carbonique qui sans cesse y sont déversés. La plante aspire le gaz mortel. Sous l'influence de la lumière solaire, elle le décompose en charbon, qu'elle garde, et en gaz respirable, en oxygène, qu'elle restitue à l'atmosphère.
Source : Gallica

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