Jean-Henri Fabre,
Lectures sur la botanique, par J.-Henri Fabre…
(1881)
“ Déjà ses folioles s'entr'ouvrent à demi comme pour regarder, craintives, si l'ennemi n'est plus là. Les folioles tournent lentement sur leur base, les feuilles se redressent et s'étalent. C'est fait. La plante, remise de son émotion, sourit au soleil qui la console. Mais au premier danger la même panique va la gagner. Et comme il en faut peu pour effrayer une Sensitive! Le coup d'aile d'un scarabée qui passe, le choc d'un grain de sable chassé par le vent, un rayon de soleil trop fort, l'ombre d'un nuage, cela suffit pour la faire tomber en pâmoison. Pauvre plante qui pour un rien se meurt! ”
