Émile Goudeau

Émile Goudeau

Résumé

Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Poèmes parisiens (1897)

Coeur de femme ! mensonge ! abîme de mensonge ! Le oui, le non, le vrai, le faux, tout se confond. O lac, miroir du ciel, lorsque le chercheur plonge, C'est la vase qu'il trouve au lieu de perle, au fond.
Je pleure !... mon front cède à l'ennui qui le ronge !... Elle !... m'avoir menti comme toutes le font,
Dans quel but, et pourquoi ? je ne sais, plus j'y songe ! Je croyais voir mon âme en son regard profond.
Pleure !... C'est par le Mal que le Bien se complète ! Sombre antithèse où Dieu se plaît, l'amer Poète ! L'épine est sous la rose, et le ver dans le fruit.
Source : Gallica

Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Poèmes parisiens (1897)

Rien n'est aussi beau qu'un loyal effort :
Inscrire son nom aux pages d'histoire, Piquer son rayon dans la voûte noire Où depuis longtemps la lune s'endort. — Où vas-tu ce soir, ô rêve de gloire ? L'avenir se clôt par l'arrêt de mort.
— Où vas-tu ce soir, rêve de folie ? Rêve de folie, où vas-tu ce soir ?
— Qu'importent les yeux de fille jolie ? Qu'importe la joie ou le désespoir ? An nocturne ciel c'est une embellie Qui colore en bleu la mélancolie ; Les lutins d'azur dansent dans le noir.
Source : Gallica

Portrait de Émile Goudeau Émile Goudeau Poèmes parisiens (1897)

D'un rayon exurgeant Pour nous tirer vers l'azur, et baigner notre torse Dans l'infini vague et le ciel indulgent,
Où l'on s'en va, nageant, nageant.
Le rêve, c'est la joie et l'élastique force, Pour le poète qui va, triste et songeant.
Seigneur ! comme la vie est gaie !
On dirait une haie,
Derrière quoi rien ne serait rien ! Tous les gens vivent en mal ou bien, Ils boivent de la fausse joie ou de la vraie... Et le ciel futur leur paraît très ancien.
Vous qui songez le long des routes, Enfiévrés d'espoirs ou de maints doutes,
Laissez l'apparence et le faux réel.
Source : Gallica

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