Desportes

Élements biographiques

Desportes Conférences inédites de l’Académie royale de peinture et de sculpture

Il n’est pas douteux que le peintre doit tâcher de répandre cette grâce sur ce qu’il peint comme sur ce qu’il dessine, imitant en cela le Corrège dont on a dit que le dessin, quoique incorrect, était tracé par les Grâces, et que le pinceau paraissait manié par la main d’un ange. Il est même important, pour être bon coloriste, d’avoir un pinceau gracieux, libre et léger, parce que les couleurs qui ne sont point trop agitées et tourmentées par une main pesante, en conservent bien mieux leur fraîcheur et leur vivacité, et les touches paraissent plus spirituelles et plus faciles.
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Desportes Conférences inédites de l’Académie royale de peinture et de sculpture

On a depuis vu des peintres, habiles d’ailleurs, lesquels ont suivi ces mauvais exemples trop autorisés, chez qui cette première habitude était si forte, qu’en travaillant même d’après nature, ils ne la voyaient plus qu’au travers de ce verre défectueux, et comme ils avaient pris mal à propos la coutume de la peindre. Cependant la vérité est la base de la peinture : rien n’est beau comme le vrai ; le vrai seul est en droit de plaire à tous, connaisseurs et autres ; il est le but de toutes les sciences, mais il doit briller éminemment dans l’art de peindre.
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Desportes Ô bienheureux qui peut passer sa vie

Des monts, des eaux, des forêts et des prées,
Qui me privez de pensers soucieux,
Et qui rendez ma volonté contente,
Chassant bien loin la misérable attente,
Et les désirs des cœurs ambitieux !
Dedans mes champs ma pensée est enclose.
Si mon corps dort mon esprit se repose,
Un soin cruel ne le va dévorant :
Au plus matin, la fraîcheur me soulage,
S’il fait trop chaud, je me mets à l’ombrage,
Et s’il fait froid, je m’échauffe en courant.
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