Sophie d' Arbouville

Élements biographiques

Sophie d' Arbouville Oeuvres de Madame d'Arbouville… (1875-1876)

Ma fiancée, ma femme, reprit l'étudiant, il n'y a plus qu'une seule existence pour nous deux. Oh ! l'avenir, qu'il soit long ! Que cet immense univers ait une retraite bien ignorée où nous oublierons le reste de la terre !
— Herbert, je suis trop heureuse!
— Un jour de cette vie-là, Christine, et mourir, vaut mieux, n'est-ce pas, que vieillir sans avoir connu un pareil jour ! L'amour, voilà la vie véritable, voilà la seconde âme de notre être, l'âme la meilleure, sans laquelle l'autre
n'existe qu'à moitié.
Source : Gallica

Sophie d' Arbouville Oeuvres de Madame d'Arbouville… (1875-1876)

« A genoux! s'écria Guillaume, à genoux!
elle est au ciel ! demandons-lui de prier pour nous. »
Et tous se prosternèrent sur la terre.
De toutes les prières que l'homme adresse à Dieu pendant sa vie d'épreuve, nulle prière n'est plus solennelle que celle qui s'échappe de notre cœur désolé, pendant qu'une âme aimée s'envole de la terre vers le ciel et que, pour la première fois, elle apparaît devant son créateur.
M. Van Amberg se releva.
« Quittez cette chambre! dit-il à ses enfants et à son frère; je veux rester seul près de ma femme. »
Source : Gallica

Sophie d' Arbouville Oeuvres de Madame d'Arbouville… (1875-1876)

Herbert, c'est mon pays, pourquoi me fait-il souffrir? pourquoi est-ce qu'il m'oppresse de tant de tristesse? En rêve, je me souviens d'un
autre ciel, d'une autre terre, — mais ce n'est qu'un rêve! Je suis née ici, et je n'ai pas franchi la clôture de la prairie. C'est ma mère qui a trop chanté, auprès de mon berceau, les ballades, les boléros de Séville, sa patrie ; elle m'a
trop raconté l'Espagne, et j'aime ce pays inconnu comme on aime un ami absent que l'on voudrait revoir !
Source : Gallica

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