Pelléas et Mélisande

Définition et enjeux

Portrait de Maurice Maeterlinck Maurice Maeterlinck Pelléas et Mélisande (1892)

PELLÉAS. Il est tard. — Dans une heure on fermera les portes. Il faut prendre garde. Pourquoi es-tu venue si tard ?
MÉLISANDE. Votre frère avait un mauvais rêve. Et puis ma robe s’est accrochée aux clous de la porte. Voyez, elle est déchirée. J’ai perdu tout ce temps et j’ai couru...
PELLÉAS. Ma pauvre Mélisande !... J’aurais presque peur de te toucher... Tu es encore hors d’haleine comme un oiseau pourchassé... C’est pour moi, pour moi que tu fais tout cela ?... J’entends battre ton cœur comme si c’était le mien... Viens ici... plus près, plus près de moi.
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Portrait de Maurice Maeterlinck Maurice Maeterlinck Pelléas et Mélisande (1892)

MÉLISANDE. J’ai ouvert la fenêtre. Il fait trop chaud dans la tour, il fait beau cette nuit.
PELLÉAS. Il y a d’innombrables étoiles ; je n’en ai jamais autant vu que ce soir ;... mais la lune est encore sur la mer... Ne reste pas dans l’ombre, Mélisande, penche-toi un peu, que je voie tes cheveux dénoués.
Mélisande se penche à la fenêtre.
MÉLISANDE. Je suis affreuse ainsi.
PELLÉAS. Oh ! Mélisande !... oh ! tu es belle !... tu es belle ainsi !... penche-toi ! penche-toi !... laisse-moi venir plus près de toi...
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Portrait de Maurice Maeterlinck Maurice Maeterlinck Pelléas et Mélisande (1892)

En attendant, mon cher Pelléas, toi que j’aime plus qu’un frère, bien que nous ne soyons pas nés du même père ; en attendant, prépare mon retour... Je sais que ma mère me pardonnera volontiers. Mais j’ai peur d’Arkël, malgré toute sa bonté, car j’ai déçu, par ce mariage étrange, tous ses projets politiques, et je crains que la beauté de Mélisande n’excuse pas à ses yeux, si sages, ma folie.
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