Mélisse (1879)
“ MELISSE. Que mon sort est estrange, et que mes tristes maux En peuvent rencontrer malaisément d'égaux ! Deux tyrans opposez, deux megeres cruelles, Me donnent à l'envi des atteintes mortelles, Et d'un costé la haine, et de l'autre l'amour, Contre moy conspirez, me rongent tour à tour. Je méprise un berger qui me suit et m'adore, Je recherche un berger qui me fuit et m'abhorre. L'indifférent me plaist, et de l'autre l'ardeur, Au lieu de me toucher, ne fait qu'aigrir mon cœur. De grâce, accordez-les, grands dieux ! s'il est possible : Que l'un cesse d'aimer, que l'autre soit sensible! ”
