Mélisse (1879)

Résumé

Mélisse (1879)

“ Rends-toi donc, Alexis, et ne sois pas plus sage Que les dieux, dont tu n'es qu'une imparfaite image.
ALEXIS.
Orante, il ne faut pas si fort nous aveugler Que toujours sur les dieux pretendre nous regler.
Ce qui leur est permis ne nous l'est pas de mesme: Nous servons, et leur front porte le diadème.
Estant nos souverains et les autheurs des loix, Ils s'en peuvent aussi dispenser quelquesfois; Et puis de leur amour la nature est bien autre, Et n'a rien que le nom qui soit semblable au nostre.
Le leur est clair et beau, sans trouble, sansdégousts, Le nostre est inquiet, furieux et jaloux.
”
Source : Gallica

Mélisse (1879)

“ Mais il le disoit mieux : il m'aimoit, Alexis !
Quelquefois, dans le fort de sa douleur mortelle : « Orante, ajoustoit-il, vous estes jeune et belle, Vous avez mille attraits, vous avez mille appas; Mais, Orante, après tout, ne vous y fiez pas : Les lys sont grands et beaux, les rozes sont divines, Et cependant tous deux sechent sur leurs racines.
De mesme, la beauté ne dure qu'un matin; Elle est fleur, et des fleurs elle suit le destin. »
Ainsi, pour estre beau, n'en sois pas plus sauvage : La fierté ne sied pas aux bergers de ton âge.
Laisse donc tes forests, et te rends à l'amour.
”
Source : Gallica

Mélisse (1879)

“ Vois-tu pas qu'à l'envi partout on le deschire?
ORANTE.
Écoute, écoute-moy : c'est tout ce que je veux.
Sans doute, on t'en a fait quelque portrait hideux.
Alexis, il n'est rien qui n'aime en la nature : Chaque chose en ressent l'agreable blessure, Et les membres espars de ce grand univers Ont chacun leur amour et leur penchant divers.
Le Ciel aime la Terre, et d'une ardeur fidelle Pour la voir, tous les jours il roule à l'entour d'elle, Sans que, depuis le cours de tant d'ans révolus, Il ait rien relasché de ses soins assidus.
”
Source : Gallica

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