André Suarès

André Suarès

Résumé

Portrait de André Suarès André Suarès Cahiers de la Quinzaine

Villon embrasse la cruelle nécessité de vivre et d’être ce qu’on est : d’être impur, d’être infâme, d’en jouir avidement et d’en souffrir. Plus il raille, plus il est amer ; mais il se moque aussi de son amertume. Bernard Naudin l’a bien vu rire à son propre enterrement : il rit de lui, il rit de vous ; il rit de ce qu’il n’a pas et de ce qu’il vous laisse ; il rit de sa misère et des legs qu’il vous en fait ; et dans la mort où le voici, il rit de la vie, comme il a ri de tout, ayant été si constamment dans la mort, pendant le temps qu’il a vécu.
Source : Wikisource

Portrait de André Suarès André Suarès Cahiers de la Quinzaine

Quelle que soit sa repentance, Villon bondit sur le premier espoir qu’il rencontre ; et il se prend à rire. Il fait la cabriole devant le gibet, et le pied de nez au bourreau. La raillerie est sa luxure spirituelle, non moins vive que l’autre. À deux doigts de la hart, il lègue aux aveugles des Quinze Vingts ses grandes lunettes, sans l’étui, pour quils séparent, dans le cimetière, « les gens de bien des déshonnestes ». Il a horreur de la mort, mais il lui fait la nique. Il faut qu’il se moque, il faut qu’il beffle sa terreur même, et même sa chère vie.
Source : Wikisource

Portrait de André Suarès André Suarès Cahiers de la Quinzaine

Villon est le premier poète à la moderne : le premier où l’on reconnaisse l’âme du poète étonnant, tel que la France l’a conçu, tel que Paris l’a créé, tel qu’il est resté, et tel qu’il devait être parmis nous depuis maître François, Les étrangers n’arrivent pas à le comprendre, si leur entendement ne s’est pas éclairé de la lumière antique.
Ailleurs, le pur sentiment fait le poète, l’amour ou la haine, la prière ou l’invective. Ici, la passion qui roule comme une marée ; ou bien l’homme qui se perd dans la nature, sans autre élan que de s’y prêter.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature