André Suarès,
Cahiers de la Quinzaine
“ Villon embrasse la cruelle nécessité de vivre et d’être ce qu’on est : d’être impur, d’être infâme, d’en jouir avidement et d’en souffrir. Plus il raille, plus il est amer ; mais il se moque aussi de son amertume. Bernard Naudin l’a bien vu rire à son propre enterrement : il rit de lui, il rit de vous ; il rit de ce qu’il n’a pas et de ce qu’il vous laisse ; il rit de sa misère et des legs qu’il vous en fait ; et dans la mort où le voici, il rit de la vie, comme il a ri de tout, ayant été si constamment dans la mort, pendant le temps qu’il a vécu. ”
