Léon Bernis

Élements biographiques

Léon Bernis,  Contes parisiens (1854)

“ Dit tout bas : J'ai gagné, la richesse l'emporte !
Ma reine de beauté, la joie est la plus forte.
Comme il disait ces mots, la pauvre enfant pâlit, Elle pencha la tête et son front s'obscurcit.
On la porta soudain au fond de la grand'salle, Et Marguerite dit : serait-ce une rivale ?
Dès lors, elle observa l'enfant de son œil vif, Ne perdant pas un geste, un mouvement craintif, Epiant un sourire arrêté sur la bouche, Comme un lutteur qui sent le coup sans qu'on le touche, Et peu d'heures après, son esprit fut certain Que Marthe aimait d'Albret, son époux clandestin.
”
Source : Gallica

Léon Bernis,  Contes parisiens (1854)

“ Puis, la femme importante, entrant dans un salon, Comme une lourde masse, en élevant le front ; Elle n'a pas d'esprit et ne sait pas sourire, Elle ne parle pas, et prétend qu'on l'admire.
Puis, la femme posée, employant son talent A renverser celui qui n'est pas de son rang.
Le faible et le petit sentent seuls sa férule, Le puissant à ses yeux n'est jamais ridicule.
Renaud put voir encor un portrait fort bouffon, La femme à timagrée, allongeant son menton, Roulant toujours ses yeux, et faisant cent grimaces, Qui font naitre toujours la gaité sur ses traces.
”
Source : Gallica

Léon Bernis,  L'achèvement du Louvre : poëme

“ Qu'est-ce qu'un monument qui dit :—Regardez-moi?
Qui n'enseigne à l'esprit ni l'ordre ni la foi, Qui, dédaigneux de tout, sinon de la parure, Semble dire: - Voyez ma superbe structure, Mes grands dômes sculptés, mes minarets d'argent, Mes tombeaux suspendus sur un monde vivant, Mes escaliers d'azur portant une pagode?
Ces prodiges vantés sont bien passés de mode; C'est comme une beauté dont la vie est ailleurs, Comme un fruit sans parfum, comme un jardin sans fleurs.
”
Source : Gallica

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