Louis Michel

Résumé

Louis Michel Essai sur Rabelais (1877)

Il s'est si fort démené, cet endiablé moine, qu'il a fait presque oublier Grandgousier et Gargantua, comme Panurge, de son côté, a presque aussi fait oublier Pantagruel. Et pourtant, sans les uns aurions-nous les autres?
Certainement Rabelais, au fond du cœur, avait au moins autant de sympathie pour ses rois que pour ses bouffons; il en a donné la preuve dans le soin avec lequel il prépare et surveille leur éclosion. Depuis le berceau jusqu'à l'âge d'homme, il les suit avec amour, ne négligeant rien pour les amener au degré de perfection qu'il leur ménage.
Source : Gallica

Louis Michel Essai sur Rabelais (1877)

Marot, Bonaventure Des Perriers, la reine de Navarre, plus tard Brantôme, Montaigne et Régnier écrivent comme on parle autour d'eux, ne se doutant guère qu'à deux ou trois siècles de distance, un public, devenu plus exigeant et plus raffiné, condamnera les audaces de leur plume et le déshabillé de leurs compositions. Rabelais n'est pas le moins excusable parmi eux; il n'est point frivole comme Marot, irréligieux comme Des Perriers, graveleux, ni impudique comme le seigneur de Bourdeilles. Les saletés où il trébuche et s'égare ne sont pas la raison d'être de ses écrits.
Source : Gallica

Louis Michel Essai sur Rabelais (1877)

Ce qu'il faut en premier lieu constater à la louange de Rabelais, c'est qu'il n'est point méchant. Alors que tant d'autres satiriques n'écoutent que leurs passions et leurs colères, ou se laissent aveugler par leurs instincts de vengeance ou leurs penchants malicieux, lui semble n'obéir qu'à son amour du vrai, à l'impulsion philosophique de sa haute intelligence. On ne lui découvre pas de haines concentrées comme chez Swift, ni de mauvaises rancunes comme chez Voltaire. Il est au fond trop de sang-froid pour se mettre en grande irritation.
Source : Gallica

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