Paulin Paris,
Les Romans de la Table ronde
“ « Qu’as-tu donc à rêver ? » lui dit encore la dame, « approche et laisse-toi conduire dans un lieu où tes vrais amis t’attendent. Mais hâte-toi, car je m’en vais. » Mordrain ne trouvait rien à répondre, n’osant ni résister ni condescendre à ce qu’elle lui demandait. Cependant la dame leva l’ancre et s’éloigna, disant à demi-voix : « Le meilleur arbre est celui qui porte des fruits tardifs. » Ces mots tirèrent Mordrain de sa rêverie ; il releva la tête, vit les flots s’agiter, une horrible tempête s’élever, et la nef disparaître dans un tourbillon écumeux. ”
