“ O ce chemin de Varennes, que les siècles les plus pervers n'oublieront pas!Et tout passa... Roi, reine, enfant, larmes, terreur, soupirs, gémissements, remords, foule hurlante, et prière et pitié, souffrances de l'âme et souffrances du corps... Tout s'évanouit dans cette poussière ardente et tout se perdit dans les abîmes... Ma mère, un instant réveillée en sursaut, fit le signe de la croix, en criant: Vive le roi!... Humble cri qui se perdit dans le ciel! Je m'inclinai en pleurant sur tant de malheurs... Puis, je vis dans le lointain, comme en un rêve... la main de ma cousine Hélène... ”
Jules Gabriel Janin
Élements biographiques
Jules Gabriel Janin (1804-1874), critique littéraire, journaliste et romancier français, s'illustre par ses analyses percutantes et ses œuvres narratives. Né à Saint-Étienne, il devient l'un des plus influents critiques dramatiques de son époque, surnommé « le prince des critiques ».
Ses romans, comme Barnave et L'âne mort, mêlent satire sociale et réflexion historique, tandis que Contes, Nouvelles et Recits explore des récits à connotation symbolique. Élu à l'Académie française en 1870, son héritage réside dans une prose à la fois érudite et accessible, marquée par une sensibilité aux enjeux culturels et politiques de son temps.
Citations de Jules Gabriel Janin
Jules Gabriel Janin,
Contes, Nouvelles et Recits
“ Qui voyait Versailles, autrefois, assistait à la vie entière de Louis XIV. De même qu'il disait: L'État, c'est moi, le maître souverain de tant de millions d'hommes aurait pu dire: Versailles, c'est tout mon règne. Or, c'est justement ce grand règne et ce grand roi que nous allons rechercher avec le zèle et le respect de sujet fidèle et d'honnête historien.Le palais de Versailles, dans son ensemble et dans ses moindres détails, obéissait à des règles tracées à l'avance, qu'il était impossible de franchir. Chaque homme ici présent,—et chaque dame,—avait son droit et son devoir. ”
Jules Gabriel Janin,
L'âne mort
“ Tout là-bas, à mes pieds, Paris, cette même ville qui venait d'immoler sans pitié cette jeune femme couchée là, se préparait sans remords à ses fêtes, à ses plaisirs, à ses concerts, à ses danses, à ses amours de chaque soir. Où donc es-tu, ma pauvre Henriette? Où s'est donc envolée, non pas ton âme, mais ta beauté? Où donc se repose maintenant ton dernier sourire? Pauvre enfant! à cette heure, la place de ton vice et de ta beauté est déjà prise. D'autres femmes, d'autres vices de vingt ans, t'ont remplacée dans l'amour et l'admiration des hommes. ”
