“ O ce chemin de Varennes, que les siècles les plus pervers n'oublieront pas!Et tout passa... Roi, reine, enfant, larmes, terreur, soupirs, gémissements, remords, foule hurlante, et prière et pitié, souffrances de l'âme et souffrances du corps... Tout s'évanouit dans cette poussière ardente et tout se perdit dans les abîmes... Ma mère, un instant réveillée en sursaut, fit le signe de la croix, en criant: Vive le roi!... Humble cri qui se perdit dans le ciel! Je m'inclinai en pleurant sur tant de malheurs... Puis, je vis dans le lointain, comme en un rêve... la main de ma cousine Hélène... ”
Jules Gabriel Janin
Résumé
"Barnave", œuvre de Jules Gabriel Janin, plonge dans les tourments de la monarchie française au cœur de la Révolution, en mettant en scène des figures historiques comme Marie-Antoinette, Mirabeau et le trône menacé. À travers des thèmes de compassion, de terreur et d’abîme, l’auteur explore la chute de la royauté, les souffrances des personnages et les tensions entre dévouement et déclin.
Les citations révèlent une réflexion sur la Révolution comme force dévastatrice, entrelacée à des émotions profondes, comme le cri de "Vive le roi !" ou les remords d’un protagoniste déchiré. L’œuvre, teintée de tragédie et de visions, reflète l’effondrement d’un monde ancien, où le pouvoir se dissout dans la poussière des profondeurs.
Citations de Barnave (Jules Gabriel Janin)
“ Il y avait dans cette voix autant d'émotion que de terreur. Le prophète lui-même était ému. Quant à M. de Vaudreuil, accablé, muet, épouvanté, il jetait un regard d'effroi sur l'inflexible visage du magicien... dans cet état, c'était pitié de voir M. de Vaudreuil.—«Pour vous, dit le sorcier au prince d'Esterhazy, vous, simple et bon, vivant d'amitié et de dévouement, votre vie est attachée à celle d'une autre créature... Ainsi, veillez sur cette tête si chère, protégez-la, défendez-la contre la calomnie et l'injure... Où elle ira, vous irez; si elle meurt, vous êtes mort!» ”
“ Voici ma veine, ouvrez-la, prenez mon sang, un sang pur et fort, honnête et dévoué, qui remontera au cœur de la monarchie expirante sur ce lit. Prenez mon sang, docteur, il appartient à Mirabeau, prenez! qu'il vive, et que je meure en criant: Vive le roi!On regardait cet homme avec admiration: des larmes, les larmes retenues jusqu'alors, tombaient en silence de toutes les paupières, on cherchait à se souvenir si jamais le deuil du peuple était allé jusque-là? J'eus encore, à ce propos, un vil moment de jalousie et je m'écriai tout bas: C'est le fou de la reine, Messieurs! ”
