Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger Les contes de ma cuisinière (1935)

Je suis bien las et affamé, mon âme, dit-il à la femme d'Andréa. Ne voudrais-tu pas me faire quelque chose à manger ?
— Mais je n'ai qu'un peu de pain et des olives, lui dit-elle.
— N'aurais-tu pas une poule? Je te la paierais bien.
Ce disant, il fit sonner ses pièces d'or dans sa poche. Mais la femme se rappelait les recommandations de son mari et elle répéta qu'elle n'avait rien.
— Ecoute, ma petite icône, reprit le Juif, j'ai si grand faim que je me sens prêt à mourir : ce serait un péché sur ton âme si cela arrivait.
Source : Gallica

Jacques Boulenger Les contes de ma cuisinière (1935)

Quand elle eut bu, elle courut à son miroir.
— Bonjour, miroir.
— Bonjour, Kyria, dit-il en grimaçant comme à l'ordinaire.
— J'ai bu le sang du cœur de ma fille : quand vais-je prendre sa beauté?
Le miroir se mit à ricaner.
— Tu n'as bu que le sang d'un chacal puant
et ta fille n'est pas morte. Sache qu'un fils de roi l'a emmenée dans son palais où il l'a épousée, et qu'elle vit heureuse à ses côtés.
— Maudite soit-elle! Alors, miroir, que dois-je faire?
— Prends tes bagues, va-t'en les vendre sous sa fenêtre.
Source : Gallica

Jacques Boulenger Les contes de ma cuisinière (1935)

Alors il l'épousa et leur noce fut si magnifique que les deux mégères en crevèrent de dépit.
LE HÉROS
Il advint que la chèvre de Spiro, ayant fait un faux pas, tomba dans un ravin si malheureusement qu'elle se tua, la maladroite! Un aigle la vit et s'abattit sur elle. Mais un lion bondit à son tour.
— Maudit soit ton père, lui dit l'oiseau, si tu me dérobes ma proie!
— Es-tu fou, par le Saint? s'écria le lion. N'as-tu pas vu que cette chèvre s'est laissé choir de peur lorsqu'elle m'a senti? C'est à moi qu'elle appartient.
Source : Gallica

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