Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger L’Affaire Shakespeare

Qu’un homme ait pu écrire sous le nom de Shakespeare, cela n’étonne que parce qu’il s’agit d’une œuvre géniale ; on ne le trouverait pas très surprenant si Shakespeare n’avait eu que du talent. Comment, se dit-on, cet homme, ne l’aurait-on pas reconnu à son rayonnement d’esprit, à son auréole ? Mais songez que, justement, l’acteur Shakespeare offrait si peu d’intérêt que nul de ses contemporains ne lui a seulement prêté attention ; et vous avouerez qu’il n’est pas absurde de penser que, peut-être, l’immortel théâtre n’est pas de lui.
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Jacques Boulenger L’Affaire Shakespeare

« Comme un fanal, dans la nuit, brille au milieu des airs sans laisser apercevoir ce qui le soutient, a écrit M. Guizot un jour qu’il se trouvait en humeur de poésie, de même l’esprit de Shakespeare nous apparaît dans ses œuvres isolé, pour ainsi dire, de sa personne. » Comprenez que tout ce que nous pouvons imaginer du poète d’après son œuvre, non seulement ne concorde pas avec ce que nous savons de l’homme qu’il fut, mais s’y oppose parfaitement.
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Jacques Boulenger L’Affaire Shakespeare

Dans l’épisode des comédiens, par exemple, il n’est presque aucun commentateur qui n’ait imaginé Shakespeare lui-même, donnant de bons conseils à ses camarades sur l’art d’éviter l’emphase et de jouer avec naturel. Pourtant, ce n’est pas en camarade que le héros de la pièce parle aux acteurs, mais bien en prince, en grand seigneur, et assez méprisant, amateur de théâtre, auteur même, comme aurait pu faire lord Derby. Qu’il est excitant pour l’esprit de se le figurer gras, l’haleine courte, trouble et dévoré d’intelligence comme le prince Hamlet, ou jaloux comme Othello, ce William Stanley !
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