Chateaubriand

Résumé

Chateaubriand Revue des Deux Mondes

Il y a plus de poésie, d’imagination, de mélancolie dans ces vers que de sensibilité, de passion et de profondeur. Shakespeare aime, mais il ne croyait pas plus à l’amour qu’il ne croyait à autre chose : une femme pour lui est un oiseau, une brise, une fleur ; chose qui charme et passe. Par l’insouciance ou l’ignorance de sa renommée, par son état qui le jetait à l’écart de la société, en dehors des conditions où il ne pouvait atteindre, il semble avoir pris la vie comme une heure légère et désoccupée, comme un loisir rapide et doux.
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Chateaubriand Revue des Deux Mondes

Des auteurs modernes français de ma date, je suis quasi le seul dont la vie ressemble à ses ouvrages : voyageur, soldat, poète, légiste, c’est dans les bois que j’ai chanté les bois, sur les vaisseaux que j’ai peint la mer, dans les camps que j’ai parlé des armes, dans l’exil que j’ai appris l’exil, dans les cours, dans les affaires, dans les assemblées que j’ai étudié les princes, la politique, les lois et l’histoire.
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Chateaubriand Revue des Deux Mondes

Dans ce pays, l’indépendance nuit à la liberté. Que font les droits politiques à un homme qui ne s’en soucie point, qui renferme sa vie dans son proverbe : Oveja de casta, pasto de gracia, hijo de casa (brebis de race, repas gratis, enfant de la maison) ; à un homme qui, comme le Bédouin, armé de son escopette et suivi de ses moutons, n’a besoin pour vivre que d’un gland, d’une figue, d’une olive ? Il ne lui faut qu’un voyageur ennemi pour l’envoyer à Dieu, qu’une chevrière pauvre et fille d’un vieux père pour l’aimer.
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