Résumé

Lydia Branchu Quelques années de la vie de Marguerite… (1879)

Nous ne sommes ici-bas que des étrangers et des voyageurs ; si rien ne manquait à notre félicité terrestre, nous serions tentés de l'oublier. Le bonheur dont nous jouissons en ce moment, quelque infini qu'il nous paraisse n'est rien en comparaison de celui de notre bien-aimée Clarisse, et malgré tout ce bonheur nous serions les plus à plaindre de toutes les créatures si notre cœur et notre trésor étaient encore sur la terre ! Après Dieu, c'est donc à vous, Marguerite, que je dois de n'être pas aujourd'hui le plus misérable des hommes !
Source : Gallica

Lydia Branchu Quelques années de la vie de Marguerite… (1879)

Marguerite reçut une telle impression de ce regard, et le rire cynique et grossier qui l'accompagna résonna à son oreille comme une musique tellement infernale, qu'elle pâlit et chancela. Edouard fut obligé de la soutenir; et en la ramenant auprès des autres personnes de la société : — Courage, lui dit-il d'une voix basse et solennelle : un jour viendra où le mystère d'iniquité prendra fin. Le monde actuel est plongé dans le mal; mais nous attendons, selon la promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habite.
Des larmes jaillirent des yeux de Marguerite.
Source : Gallica

Lydia Branchu Quelques années de la vie de Marguerite… (1879)

Clarisse comprit qu'il y avait là une grande œuvre à accomplir, et elle regarda sa compagne comme pour lui demander de venir à son aide.
— Dieu est bon, en effet, dit Marguerite, et il vous aime plus que personne ne pourrait vous aimer sur la terre ; il ne refuse jamais de faire du bien à ceux qui le lui demandent.
— Dieu m'aime ? dit Suzanne ; alors y n'est pas si puissant qu'on le dit puisqu'y ne m'empêche pas de souffrir et d'être malheureuse.
— Lui avez-vous jamais demandé de vous secourir? reprit Marguerite.
— Je vous dis que je ne le connais pas ! répéta Suzanne avec animation.
Source : Gallica

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