“ Je sens parfaitement, Cyrus, que j’ai deux âmes : c’est une philosophie que vient de m’enseigner l’amour, ce dangereux sophiste : car enfin une seule et même âme ne peut être à la fois bonne et mauvaise, aimer à la fois le bien et le mal, vouloir tout ensemble une chose et ne la vouloir point. Oui, sans contredit, nous avons deux âmes ; quand la bonne est maîtresse, elle fait le bien ; quand c’est la mauvaise, elle fait le mal : maintenant que ma bonne âme est forte de ton secours, elle a sur l’autre un empire absolu. ”
Résumé
L’œuvre Œuvres complètes de Xénophon rassemble ses textes fondamentaux, mêlant récits historiques et dialogues philosophiques. Elle aborde les thèmes de la guerre, de la tactique militaire et de la vertu, à travers les figures de Cyrus, Socrate ou Agésilas.
Les passages choisis mettent en lumière l’importance des lois, de l’amitié et du comportement éthique, tout en illustrant les tensions entre démocratie et oligarchie. Ce recueil, axé sur les armées, les alliances et les conflits entre Grecs et Lacédémoniens, révèle une réflexion sur la force, la direction des affaires publiques et la nature humaine.
Citations de Œuvres complètes (Xénophon)
“ Ces liens si doux par lesquels les dieux resserrent l’intimité des frères, ne les relâchez jamais ; qu’ils vous fassent accomplir, dans une vie commune, tous les autres actes de l’amitié : c’est le moyen d’assurer à jamais la durée de votre union. C’est travailler pour soi que de veiller aux intérêts d’un frère. Car pour qui la grandeur d’un frère est-elle plus glorieuse que pour son frère ? Par qui un homme investi d’un grand pouvoir sera-t-il honoré plus que par son frère ? Quand son frère est puissant, est-il quelqu’un à qui l’on craigne plus de faire injustice qu’à son frère ? ”
“ Mes amis, voici qu’il nous arrive un excellent homme, et il est temps que tout le monde sache ce qu’il a fait. Ce n’est ni la honte du crime, ni la crainte de ma colère, qui l’a fait partir ; c’est moi qui l’ai envoyé dans le camp des ennemis, pour pénétrer dans leurs tentes et nous instruire nettement de ce qui est. Oui, Araspe, je me souviens de nos promesses, et nous nous unirons tous pour les remplir. Il est juste, camarades, que vous honoriez avec moi la vertu d’un homme qui, pour nous servir, a eu le courage d’affronter le danger et le poids apparent d’un crime. ”
“ Or, sous la démocratie, on te regardait comme le plus grand ennemi du peuple, et maintenant, sous l’aristocratie, tu es devenu le plus terrible adversaire des honnêtes gens. Quant à moi, Critias, je fais une guerre continuelle à ceux qui croient que la démocratie n’est véritablement bonne que quand les esclaves et ceux qui, par pauvreté, vendraient l’État pour une drachme, prennent part au pouvoir ; et je combats sans relâche ceux qui croient qu’il ne peut y avoir d’oligarchie véritablement bonne que quand ils voient la ville soumise à la tyrannie d’un petit nombre. ”
“ Eh quoi, dit Cyrus, un seul discours tenu sur-le-champ peut-il remplir d’honneur les âmes des écoutants, les éloigner de la lâcheté, leur faire braver, pour la gloire, tout travail, tout danger, faire entrer profondément dans les cœurs qu’il vaut mieux mourir en combattant que de se sauver par la fuite ? Si l’on veut que de tels sentiments s’impriment chez les hommes et y demeurent gravés, il faut d’abord établir des lois qui assurent aux citoyens vertueux une existence honorable et libre, et qui condamnent les lâches à traîner dans l’humiliation une vie misérable et abjecte. ”
“ Qu’une ville triomphe de ses ennemis, il est difficile d’exprimer le plaisir qu’on éprouve à les mettre en fuite, le plaisir de les poursuivre, le plaisir de les tailler en pièces, la fierté joyeuse d’un tel exploit, la gloire brillante qui le couronne, le bonheur que cause la pensée d’avoir augmenté sa patrie ! Chacun se figure avoir donné un bon avis, tué le plus grand nombre d’adversaires ; et il est difficile d’en rencontrer qui ne surfassent point leurs exploits, disant qu’ils en ont massacré plus qu’il n’y en a réellement de morts : tant leur paraît belle une grande victoire ! ”
“ Mais jouir par force de ce qu’on aime, c’est de la piraterie, selon moi, et non plus de l’amour. Et même le pirate trouve encore quelque plaisir dans le gain, dans l’affliction de son ennemi ; mais se plaire au tourment de qui l’on aime, l’aimer pour se faire haïr, s’attacher à qui l’on est à charge, quelle cruauté, quelle pitié ! ”
“ Car, selon moi, c’est un grand œuvre de conquérir un empire, mais c’est un œuvre plus grand encore de conserver ce qu’on a conquis : conquérir, en effet, ne demande souvent que de l’audace ; garder ce qu’on a conquis ne peut se faire sans prudence, sans modération, sans soin extrême. L’œil sur ces vérités, exerçons-nous à la vertu plus encore qu’avant de conquérir ces biens, convaincus que plus vous avez, plus il y a de gens qui vous jalousent, vous tendent des pièges, vous deviennent hostiles, surtout si l’on a, comme nous, établi par la force sa fortune et sa puissance. ”
“ Dis-moi, Périclès, pourrais-tu m’apprendre ce que c’est qu’une loi ? — Assurément, dit Périclès. — Apprends-le-moi donc, au nom des dieux, reprit Alcibiade ; car j’entends louer certains hommes de leur respect pour les lois, et je pense qu’on ne saurait mériter cet éloge sans savoir ce que c’est qu’une loi. — Tu désires, Alcibiade, une chose fort aisée, dit Périclès, si tu veux savoir ce que c’est qu’une loi : on appelle loi toute délibération en vertu de laquelle le peuple assemblé décrète ce qu’on doit faire ou non. ”
“ On m’a dit même que Nicératus est l’amant de sa femme qui le paye de retour. Quant à Hermogène, qui de nous ignore que l’honnêteté, sous quelque forme qu’elle se présente, le passionne et le consume ? Ne voyez-vous pas ces sourcils austères, ce regard fixe, ces discours mesurés, cette voix douce, ces manières affables ? Quoiqu’il ait pour amis les dieux vénérés, il ne nous dédaigne pas, nous autres hommes. N’y a-t-il donc que toi, Antisthène, qui n’aimes personne ? — Par tous les dieux, reprit Antisthène, je t’aime de tout mon cœur. ”
“ Parce que, Cyrus, mon âme outragée, indignée, ne considérait plus le parti le plus sûr : elle ne nourrissait plus qu’un sentiment, l’espoir de se venger un jour d’un monstre ennemi des dieux et des hommes, qui passe sa vie à détester, non pas quiconque l’offense, mais ceux qu’il soupçonne de valoir mieux que lui. Pauvre comme il l’est, je crois qu’il n’aura jamais pour alliés que tous ceux qui sont encore plus pervers que lui-même ; et si, parmi eux, il en est un qui lui semble meilleur qu’il n’est, sois tranquille, Cyrus, tu n’auras pas besoin de combattre cet homme ”
“ Partout, tout est soumis aux dieux, partout et sur tout les dieux exercent un égal empire. Voilà ce que je pense au sujet des dieux, et des serments par lesquels nous nous sommes engagé notre amitié. Passant à des considérations humaines, je te regarde, toi, dans les circonstances présentes, comme notre plus grand bien. Avec toi tout chemin est ouvert, tout fleuve guéable, nul manque de vivres : sans toi, toute route est ténébreuse, puisque nous n’en connaissons point ; tout fleuve infranchissable, toute multitude effrayante, et plus effrayante encore la solitude, toute semée d’abandon. ”
“ Or, il n’est rien de plus beau, femme, rien de plus utile pour les hommes que l’ordre. Un chœur est une réunion d’hommes. Que chacun prétende y faire ce qu’il lui plaît, quelle confusion, quel spectacle désagréable [1] ! Mais si tous exécutent avec ensemble les mouvements et les chants, quel charme pour les yeux et pour les oreilles ! Il en est de même d’une armée indisciplinée : c’est un immense pêle-mêle, une proie facile pour l’ennemi, un coup d’œil désolant pour les amis, une confusion stérile d’ânes, d’hoplites, de fourgons, de troupes légères, de cavalerie, de chariots. ”
“ J’ai observé, Hiéron, dit Simonide, que les particuliers ont le sentiment agréable ou désagréable des couleurs par les yeux ; des sons, par les oreilles ; des odeurs, par le nez ; du boire et du manger, par la bouche ; de l’amour, par où chacun sait. Quant au froid et au chaud, à la dureté et à la mollesse, à la légèreté et à la pesanteur, tout notre corps, à mon avis, est en état d’en juger les bonnes ou les mauvaises impressions. Les biens et les maux, ce me semble, ont tantôt pour effet de réjouir ou d’affliger l’âme seule, tantôt l’âme et le corps tout à la fois. ”
Xénophon,
Œuvres complètes
(1872)
“ Et nous pourrions, en les brûlant, vous susciter comme un ennemi, la famine, qu’il vous serait impossible de combattre, malgré votre valeur. Comment, avec tant de moyens de vous faire la guerre sans danger, choisirions-nous le seul qui soit impie devant les dieux, déshonorant aux yeux des hommes ? C’est la ressource des gens embarrassés, à bout de voies, que la nécessité presse, des scélérats enfin, qui veulent tirer quelque profit de leur parjure envers les dieux et de leur mauvaise foi envers les hommes. Non, non, jamais, Cléarque, nous ne serons insensés et fous à ce point ! ”
“ Étant ce que tu es, je regarde pour toi comme un fait important de ne pas renvoyer sans récompense des hommes qui font rendu service, comme un fait important d’obtenir les éloges de six mille hommes, et comme un fait plus important encore de ne jamais laisser douter de ta parole. Je vois, en effet, que la parole ambiguë des gens sans foi est vaine, sans force et sans valeur, tandis que la parole de ceux qui font évidemment profession de vérité ne les conduit pas moins sûrement que la violence des autres au but où ils aspirent. ”
“ Selon moi, le corps de l’homme éprouve ce qui arrive aux végétaux dans la terre. Si la divinité arrose trop les semences, elles ne peuvent lever ni se prêter au souffle de la brise ; si elles ont juste de quoi boire, elles lèvent, se développent, fleurissent et arrivent à point. De même, si nous buvons trop d’un coup, bientôt notre corps et notre âme chancellent, et nous perdons haleine ; mais si nos esclaves nous versent souvent dans de petites coupes, le vin ne nous inspire pas la violence de l’ivresse, et nous descendons aux douceurs de l’enjouement. ”
“ Moi donc, cédant aux dieux, je désire toujours de nouvelles richesses ; mais, une fois qu’elles sont acquises, je subviens aux besoins de mes amis, quand une fois les miens ont été satisfaits : en enrichissant les uns, en faisant du bien aux autres, je m’assure une amitié bienveillante d’où je recueille le repos et la gloire, fruits qui ne pourrissent point et dont l’excès ne fait point mal : plus la gloire s’accroît, plus cet accroissement donne de grandeur et de beauté, plus son poids s’allège, plus elle semble donner de légèreté à ceux même qui la portent. ”
“ « Quant à moi, Mèdes, dit-il, si vous vous en alliez, je vous croirais poussés par un mauvais génie, qui ne veut pas vous voir heureux. Quel homme sensé tournerait le dos à des ennemis en fuite ? Quand ils livrent leurs armes, qui ne les recevrait ? Quand ils se livrent eux-mêmes, qui ne les accepterait, surtout ayant un général comme le nôtre, qui, j’en atteste tous les dieux, aime mieux nous enrichir que lui-même ? » À ces mots, tous les Mèdes s’écrient : « C’est toi, Cyrus, qui nous as fait sortir de notre patrie ; à toi, quand tu le jugeras opportun, de nous y faire rentrer avec toi. » ”
“ S’il est beau pour un Grec d’aimer son pays, vit-on jamais un autre général ou refuser de prendre une ville, dans la crainte qu’elle ne fût saccagée, ou regarder comme un malheur une victoire gagnée dans une guerre contre les Grecs ? Quand on lui apporta la nouvelle que, dans un combat près de Corinthe, il était mort huit Lacédémoniens et près de dix mille ennemis, on ne le vit pas se réjouir, mais il s’écria : « Malheureuse Grèce, qui viens de perdre des hommes dont la vie nous eût assuré la victoire dans nos combats contre les Barbares ! » ”
“ Citoyens, s’il nous survenait une guerre, et que, voulant choisir un homme capable, avant tout, de nous sauver et de soumettre les ennemis, nous en connussions un qui fût esclave de son ventre, du vin, des plaisirs de l’amour, de la mollesse et du sommeil, irions-nous le choisir ? Comment pourrions-nous supposer qu’un pareil homme nous sauvât et triomphât des ennemis ? Si nous voulions, à la fin de notre vie, confier à quelqu’un l’éducation de nos garçons, l’honneur de nos filles, le soin de notre bien, croirions-nous l’homme intempérant digne d’une telle confiance ? ”
“ Courage donc, Hiéron ; enrichis tes amis, tu t’enrichiras toi-même : augmente ta puissance, et crée-lui des appuis [14] . Regarde ta patrie comme ta maison ; les citoyens comme autant d’amis ; tes amis comme tes enfants ; tes enfants comme ta propre vie : tâche de les vaincre tous par tes bienfaits. Si tu l’emportes sur tes amis par tes bons offices, aucun ennemi ne pourra te résister. Enfin, si telle est ta conduite, sache que tu posséderas le plus beau, le plus précieux des biens qui soit accordé aux hommes : heureux, tu ne seras point en butte à l’envie. ”
“ Par Jupiter, comme un homme habile à la course diffère d’un autre homme habile à la lutte ; comme la beauté d’un bouclier fait pour la défensive diffère complétement de celle du javelot, fait pour voler avec force et vitesse. ”
“ S’il en est autrement, si l’âme demeure avec le corps et périt avec lui, craignez du moins les dieux, qui sont toujours, qui voient tout et qui peuvent tout : ce sont eux qui entretiennent dans l’univers cet ordre immuable, inaltérable, invariable, dont la magnificence et la majesté sont au-dessus de toute expression : craignez-les, et ne faites jamais une action, n’ayez jamais une pensée qui blesse la piété ou la justice. Après les dieux, craignez les hommes et les générations à venir. ”
“ Le sien m’inspire, et l’amour qui vit en moi m’excite à m’exprimer avec franchise contre un amour rival du mien. Oui, selon moi, ne s’attacher qu’à la forme, c’est agir comme le fermier d’un champ : il ne prend aucun souci de l’améliorer, mais il cherche à en tirer, la saison venue, le plus de fruits possible. Celui, au contraire, qui se propose l’amitié, a plutôt quelque ressemblance avec le maître héréditaire d’un champ : de toute part il apporte ce qu’il peut pour embellir ce qu’il aime. ”
“ Je vais te le dire, Socrate, répondit Ischomachus. En agriculture, ce n’est ni la science ni l’ignorance qui enrichit les uns et qui ruine les autres. Jamais tu n’entendras dire que telle maison est ruinée parce qu’un semeur a semé inégalement, parce qu’on n’a pas bien fait les plants, parce que, ne sachant pas les terrains propres à la vigne, on l’a mise dans un terrain qui ne lui va pas, parce qu’on ne savait pas qu’il est bon pour la semaille que la terre ait été façonnée, parce qu’on ignorait qu’il est bon pour la terre d’être graissée avec du fumier. ”
“ Ils comprenaient qu’ils devaient à la chasse leurs succès militaires ; que ce plaisir, bien différent des voluptés honteuses, que l’on n’a pas besoin d’apprendre, n’écarte point les jeunes gens des études honnêtes auxquelles on voudrait se livrer. C’est une pépinière de bons soldats, de bons généraux : car les hommes qui, par le travail, éloignent de leur âme et de leur corps la honte et la débauche et développent en eux l’amour de la vertu, ceux-là sont les vrais citoyens ; ils ne toléreront jamais une injustice faite à leur patrie, un dommage à leur pays. ”
“ Ainsi, toi, Cambyse, prends la royauté ; les dieux te la donnent, et moi ensuite, autant qu’il est en mon pouvoir. À toi, Tanaoxare, je te donne la satrapie des Mèdes, des Arméniens, et en troisième lieu, des Cadusiens. En te faisant ces dons, bien que je laisse à l’on frère un pouvoir plus grand et le titre de roi, je crois t’assurer un bonheur plus pur. Je ne vois pas, en effet, ce qui pourra te manquer de la félicité humaine. Tout ce qui paraît rendre les hommes heureux, tu l’auras. ”
“ Crois-tu donc, Socrate, que nous sommes assez riches, et te semble-t-il que nous n’avons plus besoin d’acquérir ? — Si c’est de moi que tu parles, dit Socrate, je ne crois plus avoir besoin d’acquérir, et je me trouve assez riche. Mais toi, Critobule, tu m’as l’air tout à fait pauvre, et, par Jupiter, il y a des instants où j’ai réellement pitié de toi. ”
“ L’esprit de Socrate y vit, y respire, y domine partout : je retrouve à chaque pas, presque à chaque phrase, sa rectitude de jugement, sa droiture de cœur, les grâces de son imagination, la gaieté doucement railleuse de sa parole. Oui, Cyrus, c’est Socrate qui agit et qui parle, et parfois aussi c’est Agésilas, c’est Xénophon lui-même, avec ses goûts, ses habitudes, ses occupations de chaque jour, ses plans de réforme économique et sociale. ”
“ N’était-ce pas une marque de son grand cœur de penser que pour avoir vaincu des particuliers, il n’en serait pas plus célèbre ; mais que, s’il avait une ville chérie de tous, s’il se faisait de nombreux et excellents amis par toute la terre, s’il se plaçait au-dessus de sa patrie et de ses amis par ses bienfaits, de ses ennemis par ses victoires, il serait réellement vainqueur dans la plus belle et la plus honorable de toutes les luttes, et se ferait un nom durant sa vie et après sa mort ? ”
“ Le secret de s’adresser avec discrétion, soit aux chefs, loin de la foule, soit au gros de l’armée ; de tenir une sorte de langage royal ; de tromper ses ennemis pour leur faire du mal, et ses amis dans leur intérêt ; de dire la vérité d’une manière agréable et vraisemblable à des hommes effrayés sans motif ; de donner des conseils pour qu’on ne se fie pas à la légère aux paroles des puissants ; d’indiquer les moyens qu’ont les puissants pour en imposer, les stratagèmes à l’aide desquels on trompe à la guerre ou l’on se fait tromper : tout cela surabonde dans cette œuvre. ”
“ Allons, Mèdes et Perses, et vous, Hyrcaniens, car je vous regarde dès ce jour comme des alliés et des compagnons, sachez bien que nous sommes dans une situation où la mollesse attirerait sur nous les plus grands malheurs. Les ennemis savent pourquoi nous venons. En allant à eux, en les attaquant avec vigueur et courage, vous les verrez aussitôt, comme des esclaves fugitifs que l’on retrouve, les uns se jeter à genoux, les autres s’enfuir, d’autres ne savoir quel parti prendre. ”
Xénophon,
Œuvres complètes
(1872)
“ Quand tout est prêt, les lochages, les hypolochages et les simples soldats, qui ne s’estimaient pas moins qu’eux, sont tous rangés en bataille et se voient les uns les autres, la nature du terrain permettant d’embrasser toute la ligne d’un coup d’œil. On chante un péan, la trompette résonne, on crie tout d’une voix : « Ényalius ! » et les hoplites s’avancent au pas de course. Bientôt c’est une pluie de traits, de javelots, de flèches, de pierres lancées par les frondes et plus encore par les mains ; il y en a même qui lancent du feu. ”
