“ Je hais les mains paresseuses. Répandez des roses ! Que l’envieux Lycus entende le bruit de notre ivresse, et notre voisine aussi, mal unie au vieux Lycus ! Rhodé est nubile et te recherche, Téléphus, beau de ton épaisse chevelure et semblable au clair Vespérus. Pour moi, l’amour de ma Glycéra me consume. ”
Lycus
Définition et enjeux
Citations sur “Lycus”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de L. A. Sénèque
“ Lycus, le banni, règne en souverain dans Thèbes, la ville d’Hercule ; mais il n’y règnera pas long-temps : Hercule va revenir, il va nous venger ; il remontera tout à coup vers la lumière, et s’il ne trouve pas une voie, il s’en fera une lui-même. Oh ! reviens, cher époux, reviens, reparais vainqueur au milieu de ta famille vaincue ; remonte vers nous, et brise la prison de ténèbres qui te retient. Si l’enfer s’est refermé sur toi, si tu ne trouves point d’issue pour revenir, entr’ouvre le monde même, et laisse paraître avec toi tous les trésors que la nuit éternelle cache dans son sein. ”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de L. A. Sénèque
“ MÉGARE. Rarement l’injustice du sort épargne les plus nobles courages : nul mortel ne peut impunément braver tant de fois de si grands périls ; le malheur finit toujours par atteindre celui qui long-temps avait échappé à ses coups. Mais voici venir Lycus, portant en ses mains un sceptre usurpé ; son visage cruel respire la menace, et son déportement annonce tout ce qui se passe dans son âme. ”
Plaute,
Trois comédies ; Les bacchis ; Le petit carthaginois…
(1905)
“ AGORASTOCLÈS. — Sois sauf, marlou ! Lycus. — Les Dieux t'aiment, Agorastoclès ! AGORASTOCLÈS. — Ton salut est, à présent, plus bénin que tantôt. Lycus. — La bonace est venue. Or, nous sommes pareils à la nef sur les mers. D'après le vent, nous hissons notre voile. AGORASTOCLÈS. — Que chez toi prospère à qui vont mes désirs ! Tu n'en es pas l'objet. Lycus. — L'objet prospère selon tes vœux, mais non pour ton profit. AGORASTOCLÈS. — Envoie aujourd'hui, en ma maison, de grâce! envoie Adelphasium, la tienne, en l'honneur de ce jour enchanté, célèbre et magnifique des Aphrodisia. ”
André Chénier,
Œuvres poétiques de Chénier/Moland…
“ Lycus, fils d’Événon, que les dieux et le temps N’osent jamais troubler tes destins éclatants ! Ta pourpre, tes trésors, ton front noble et tranquille, Semblent d’un roi puissant, l’idole de sa ville. À ton riche banquet un peuple convié T’honore comme un dieu de l’Olympe envoyé. Regarde un étranger qui meurt dans la poussière Si tu ne tends vers lui la main hospitalière. ”
Ovide,
Les Métamorphoses, traduction Gros
“ Ici la nature ouvre des sources inconnues, ailleurs elle en ferme d’anciennes. Des tremblements de terre ont jadis faitjaillir ou tari beaucoup de fleuves. C’est ainsi que le Lycus, absorbé dans les entrailles de la terre, renaît plus loin d’une autre source ; c’est ainsi que le grand Ërasin, englouti dans un gouffre où il promène ses ondes souterraines, reparaît à la clarté des ciéux dans les plaines d’Argos, et que le Calque dont les eaux traversent la Mysïe, dégoûté, dit-on, de sa source et de ses premiers bords, va baigner d’autres contrées. ”
Sénèque le Jeune,
Tragédies de L. A. Sénèque
“ THÉSÉE. Reine, séchez ces pleurs qui défigurent votre visage ; et vous, puisque votre fils est vivant, retenez les larmes qui tombent de vos yeux. Je connais Hercule : bientôt la mort de Lycus aura vengé celle de Créon ; dire qu’il mourra, c’est trop peu ; il meurt, que dis-je ? non, mais il est déjà mort. AMPHITRYON. Que la divinité qui peut nous secourir soit propice à nos vœux, et nous relève de l’abaissement où nous sommes. Généreux compagnon de mon noble fils, racontez-nous la suite de ses hauts faits ; dites-moi combien longue est la route qui mène au triste séjour des Mânes ”
C Le Brun, Pierre Corneille : auteurs dramatiques qui l'ont précédé… (1883)
“ Lycus, soutenu par des rebelles, voulant s'assurer le trône de Thèbes, a résolu de mettre à mort la famille d'Hercule, qui est absent; son père Amphitryon, sa femme Mégare et ses enfants chassés de leur demeure, dénués de tout, ont cherché un asile auprès de l'autel qu'Hercule a consacré à Jupiter, vis-à-vis de son palais. Selon les sentiments de la nature bien étudiée par le poëte, Mégare est résignée à perdre la vie, pendant que le vieillard s'obstine à compter sur les chances de l'avenir. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Aussi compte-t-on en particulier dans l’Asie mineure, plusieurs rivieres de ce nom ; comme 1°. Lycus, riviere dans la Phrygie, sur laquelle étoit située la Laodicée, qui prit le nom de Laodicée sur le Lycus. 2°. Lycus, riviere dans la Carie, qui tiroit sa source du mont Cadmus. 3°. Lycus, riviere dans la Mysie, au canton de Pergame, qui avoit sa source au mont Dracon, & se jettoit dans la Caïque. 4°. Lycus, riviere dans le Pont, où elle mêloit ses eaux avec celles de l’Iris : son nom moderne est Tosanlus, & autrement la riviere de Tocat. ”
Louis Amélie Sédillot, Voyage en Arménie et en Perse, précédé d'une notice sur l'auteur… (1860)
“ Le Lycus coule à une petite demi-liéue au sud de la ville; il arrive à la mer sans se perdre dans des marais. Sa longueur à son embouchure est d'environ trente pieds. Il serpente connue le Méandre, au milieu d'une jolie plaine, encaissée dans un lit profond. Ses bords sont couverts de saules dont les branches se croisent de l'une à l'autre rive. L'effet en est romantique. Dans l'espace compris exrrà muros entre le môle du nord et la pointe de la presqu'île Achérusienne (aujourd'hui cap Baba) , la côte, en se cour- ET EN PERSE. 565 côte d'Europe, à quatre lieues de Constantinople. ”
Pline l’Ancien,
Histoire naturelle
“ Étienne de Byzance distingue deux Lycies : l'une nommée d'après Lycus, fils de Pandion ; l'autre voisine de la Cilicie, et gouvernée par Sarpédon. Le scoliaste explique la chose d'une manière différente (Il. 1V, 103, et V, 105) : d'après lui, Lycie est à la fois un nom de la ville Zeleia, et le nom du pays, ainsi appelé ordinairement. Eustathe, commentant les mêmes passages, suppose deux pays portant le même nom : la petite Lycie, aussi nommée la petite Troie, pays de Pandarus, et la grande Lycie, royaume de Sarpédon. ”
Léon Feugère, Morceaux choisis des classiques français… (1867)
“ Immobile, Lycus a reconnu son propre sceau d'argile; Ce sceau, don mutuel d'immortelle amitié, Jadis à Cléotas par lui-même envoyé. il ouvre un œil avide, et longtemps envisage L'étranger. Puis enfin sa voix trouve un passage. — « Est-ce toi, Cléotas? toi qu'ainsi je revoi? Tout ici t'appartient. 0 mon père! est-ce toi? Je rougis que mes yeux aient pu te méconnaître. 0 Cléotas! mon père! ô toi, qui fus mon maître, Viens; je n'ai fait ici que garder ton trésor, Et ton ancien Lycus veut te servir encor. J'ai honte à ma fortune 2 en regardant la tienne. » ”
Amable Tastu,
Album poétique des jeunes personnes…
(1854)
“ Il m'aime, il n'a que moi ; viens t'adresser à lui. « C'est le riche Lycus. Viens ce soir : il est tendre, » Il est humain ; il pleure aux pleurs qu'il voit répandre. > Elle dit, et s'arrête, et, le cœur palpitant, S'enfuit; car l'étranger, sur elle , en l'écoutant, Fixait de ses yeux creux l'attention avide. Elle rentre, cherchant dans le palais splendide , L'esclave près de qui toujours ses jeunes ans Trouvent un-doux accueil et des soins complaisans. ”
Plaute,
Trois comédies ; Les bacchis ; Le petit carthaginois…
(1905)
“ Je me gaudis et me délectepéculièrement s'il échoit au maquerel un préjudice notable, comme à vos grâces et vertus, quelque bonheur inopiné. ANTÉRASTILIS. — Eccastor 1 Il dit vrai : crois à ce qu'il dit, père. HANNO. — J'y crois. T AGORASTOCLÈS. — Et je n'en fais nul doute. Mais voici Lycus, entremetteur. L'excellent homme rentre chez soi. HANNO. — Quel est cet individu ? AGORASTOCLÈS. — Tout ce qu'il te plaira. C'est Lycus, courtier en chair humaine et patron de bourdeau. Il a gardé tes filles en esclavage. Il m'a filouté mes écus. > HANNO. — Compliments ! C'est une belle relation. ”
Charles-François Dupuis,
L'origine de tous les cultes (Ed…
(18..)
“ Lycus c'était le nom de ce prince, écoute avec plaisir le récit qu'ils lui font de leurs aventures; il fait porter sur leur vaisseau toutes sortes de rafraîchissements, et leur donne son fils pour les accompagner dans leur expédition. Le devin Idmon et le pilote Typhis moururent dans ces lieux. Ancée remplace ce dernier, et prend la conduite du vaisseau,. On se rembarque, et l'on profite d'an vent favorable, qui porte bientôt les navigateurs l'embouchure du fleuve Callirohé, oùBacchus autrefois, à son retour de l'Inde, célébra des fêtes accompagnées de danses. ”
Amable Tastu,
Album poétique des jeunes personnes…
(1854)
“ Lui, peut-être, il expire, affamé, nu, proscrit, » Maudissant, comme ingrat, son vieil ami qu'il aime. » Parle, était-ce bien lui? le connais-tu toi-même? » En quels lieux était-il? où portait-il ses pas? » Il sait où vit Lycus : pourquoi ne vient-il pas? » Parle : était-ce bien lui? parle, parle, te dis-je ; .» Ou l'as-tu vu? —Mon hôte, à regret je t'afflige. » C'était lui, je l'ai vu. » Les douleurs de son ame » Avaient changé ses traits. Ses deux fils et sa femme, « ADelphes , confiés au ministre du dieu , » Vivaient de quelques dons offerts dans le saint lieu. ”
Plaute,
Trois comédies ; Les bacchis ; Le petit carthaginois…
(1905)
“ Lycus. — Que tous les Dieux maléficient le patron du bordel qui, désormais, s'avisera d'immoler aux autels de Vénus la plus infime hostie ou d'y brûler même un seul grain d'oliban ! Car, dans ce jour de guigne noire, —les Dieux très irrités, sans doute, contre moi, — j'ai sacrifié jusqu'à six agneaux et n'ai pu, malgré cette dé- pense, faire la Déesse accueillante à mes vœux. ”
Antoine Jean Letronne, Bibliothèque des classiques grecs…
“ XtoTÉpa. « [ Il faut savoir] que Philadelphe a fondé et bâti beaucoup de temples. Lycus, dans son livre sur Nestor, s'exprime ainsi : Il (Philadelphe ) a élevé aussi un très-grand temple à ses deux parents et à ses sœurs Arsinoé et Philotéra. » Le Lycus dont il est ici question est l'historien Lycus Butheras de Rhegium, cité déjà dans une autre scholie ( ad Idyll. VII, v. 789 ) , auteur de divers ouvrages dont les titres ont été 1 Le manuscrit 2832 de la Bibliothèque royale est le seul qui donne cette scholie, mais ainsi tronquée : brt iroXXoùç ”
“ Mais lorsque la tempête fut à son comble, Lycas, épouvanté et tendant vers moi ses mains suppliantes : — Encolpe, s’écria-t-il, secourez-nous dans cette extrémité ; rendez le voile sacré et le sistre à la patronne de ce navire ! Au nom des dieux, daignez compatir à notre sort : votre cœur ne fut jamais sourd à la pitié ! — Il criait de toutes ses forces, quand un coup de vent le jeta dans la mer. Nous le vîmes reparaître un instant, tournoyer sur la vague, puis le gouffre béant l’engloutit sans retour [3] . Déjà des esclaves fidèles s’étaient hâtés d’enlever Tryphène ”
“ Lycurgue, persuadé par mon discours, jura de nous défendre envers et contre tous. Ce ne fut qu’au réveil de Tryphène et de Doris qu’on s’aperçut de notre disparition. Chaque matin, nous assistions galamment à la toilette de ces dames, et notre absence inattendue devait sembler étrange. Aussitôt Lycas met ses gens en campagne ; les recherches se dirigent surtout vers la côte : on apprend notre tournée sur le tillac du navire ; mais du vol point de nouvelles, car la poupe tournait le dos au rivage, et le pilote était encore à terre. ”
François de Fénelon, Oeuvres choisies de Fénelon [précédées d'une Notice biographique et littéraire… (1884)
“ A ces mots, la tristesse se change en joye; on chante les louanges de Lycon; on dit qu'il sera amateur des jardins, comme Apollon a été berger conduisant les troupeaux d'Admete; mille chansons divines remplissent le boccage, et le nom de Lycon passe de l'antique forêt jusqu'aux campagnes les plus reculées. Les bergers le répetent sur leurs chalumeaux; les oiseaux même dans leurs doux ramages font entendre je ne sçai quoi qui ressemble au nom de Lycon. La terre se pare de fleurs, et s'enrichit de fruits. ”
“ Bientôt son caprice pour moi devint une véritable persécution ; mais mon cœur brûlait pour Tryphène, et je fermais l’oreille aux propositions de Lycas. Le refus irritant ses désirs, il me suivait partout. Une nuit, il pénètre dans ma chambre ; se voyant rebuté, il passe des prières à la violence : mes cris furent si aigus, qu’ils réveillèrent les valets ; et, grâce au secours de Lycurgue, j’échappai sain et sauf aux attaques de ce brutal. Voyant que la maison de Lycurgue opposait trop d’obstacles à ses desseins, Lycas voulut m’attirer chez lui. ”
Jean-Henri Fabre,
Souvenirs entomologiques
“ La Lycose tarentule habite de préférence les lieux découverts, secs, arides, incultes, exposés au soleil. Elle se tient ordinairement, au moins quand elle est adulte, dans des conduits souterrains, dans de véritables clapiers, qu’elle se creuse elle-même. Ces clapiers, cylindriques et souvent d’un pouce de diamètre, s’enfoncent jusqu’à plus d’un pied dans la profondeur du sol ; mais ils ne sont pas perpendiculaires. L’habitant de ce boyau prouve qu’il est en même temps chasseur adroit et ingénieur habile. ”
“ Il est clair qu’en sa première églogue, il se peint lui-même dans ce pêcheur Lycidas qui célèbre si douloureusement l’anniversaire de la mort de Philis. Un sentiment vrai et profond perce dans cette pièce à travers l’artificielle écorce du style virgilien. Dans la deuxième, tous les détails sont antiques : Lycon, par exemple, s’y dit habile à trouver sous les flots le coquillage dont les Tyriens tiraient la pourpre, et il veut teindre de cette couleur une belle robe pour sa maîtresse. Il oppose à ses dédains pour un pêcheur, non pas Adonis, comme les simples bergers, mais Glaucus. ”
“ À cette nouvelle, ils prennent la même route, et nous nous rencontrons sous le portique du temple. Leur abord nous déconcerta. Lycas querellait déjà Lycurgue au sujet de notre fuite, mais une réponse fière et menaçante lui ferma bientôt la bouche. Fort de l’appui de Lycurgue, j’élève la voix à mon tour ; je reproche hautement à Lycas les assauts scandaleux livrés à ma pudeur par sa lubricité, tantôt chez lui, tantôt chez Lycurgue. ”
“ Lycas, Encolpe, Giton et Tryphène, ne trouvant pas qu’on vécût assez librement chez Lycurgue, prirent le partides’en aller à la maison de Lycas, où ils espéraient d’être plus à leur aise, et comptaient de faire meilleure chère. — Je vous avoue que vous commencez à m’embarrasser pour vous répondre ; tantôt je vous vois si confus, que j’ai peine à débrouiller ce que vous prétendez montrer clairement ; et tantôt vos connaissances sont si bornées, qu’il ne leur est pas permis de parvenir à celle de l’auteur : car de croire qu’il y ait de la malice en votre fait, je ne puis me l’imaginer. ”
Plaute,
Comédies de Plaute, traduction de E. Sommer
“ LYCON. « Le militaire Thérapontigone Platagidore, à Lycon son hôte d’Épidaure, salut. » CHARANÇON, à part. Je le tiens : il mord à l’hameçon. LYCON. « Je vous prie instamment de faire remettre à celui qui vous apportera cette lettre la jeune fille que j’ai achetée dans votre ville, en votre présence et par votre intermédiaire, avec ses bijoux et sa garde-robe, comme vous savez que cela a été convenu. Donnez l’argent à l’entremetteur, et la jeune fille au porteur.» Où est-il, lui ? pourquoi ne vient-il pas ? ”
Petronius Arbiter,
Le Satyricon
“ Pertinemment, Lycas avait pris ses mesures. Pendant la route, il se fit mon voisin, tandis que Tryphœna s'asseyait près de Giton. L'homme avait ainsi disposé les choses, connaissant bien les complexions de sa maîtresse, qu'elle se plaisait au changement, et qu'elle ne manquerait pas de convoiter le cher mignon. [Pg 32] Ce qui ne tarda guère d'advenir. La belle ardait pour le gamin, s'affichait de bonne grâce. Lycas, avec grand soin, m'indiquait leur manège. ”
Émile Blanchard,
Revue des Deux Mondes
“ Chasseresses pour les exigences de la vie, elles parcourent les campagnes, guérets brûlés du soleil ou prairies humides ; plusieurs d’entre elles se plaisent au bord des eaux, même sur les plantes aquatiques, où elles trouvent aisément à s’emparer de quelque proie, grâce à l’agilité de leurs mouvemens. Telles sont les lycoses. En nos pays, c’est-à-dire dans l’Europe centrale, les espèces de petite taille et de couleur sombre n’ont rien pour charmer les regards, et personne n’y porte attention. ”
