Résumé

Patin Revue des Deux Mondes

« Il est plus agréable d’envoyer à sa maîtresse des fleurs et des fruits que des huîtres à l’écaille. »
De tels détails, un pareil ensemble, ont quelque chose de factice, et s’éloignent bien de la manière de Théocrite, le seul poète franchement bucolique qu’il y ait peut-être jamais eu. Ce qui anime les églogues de Sannazar comme celles de Virgile, c’est, outre beaucoup d’élégance et d’harmonie, la vérité des circonstances particulières, empruntées à la nature et à la vie réelle ; c’est le langage éloquent de la passion, qu’il regrette une maîtresse adorée ou un roi mort dans l’exil.
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Seulement l’églogue maritime parla italien chez Rota, autre poète napolitain, chez Sammarito et d’autres. On chanta Venise et ses lagunes, comme Naples et son golfe ; et plus tard, au XVIIe siècle, Grotius, l’auteur du Liberum mare, célébra, dans des églogues, les canaux de la Hollande. On voit que la littérature maritime n’est pas une découverte de notre temps ; la mer a en sa part dans toutes les compositions faites sur ses bords. Si Virgile eût écrit ses bucoliques à Naples, et non à Mantoue, peut-être eût-il ravi à Sannazar l’honneur de l’invention.
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« Il est tout simple qu’un paysan soit étonné de ces merveilles ; moi-même, vieilli à la ville, je n’y vis jamais rien de semblable. » Heureux Corydon ! s’écrie Lycotas, que son âge a retenu aux champs, heureux Corydon ! mais as-tu vu ce qu’il y avait de plus curieux, les dieux eux-mêmes ? Ces dieux, c’est le prince ordonnateur, héros de la fête, et Corydon, c’est le poète qui le complimente.
Nous avons déjà dit quelque chose de la quatrième églogue, intitulée César. Deux bergers, Corydon et Amyntas, y célèbrent, en couplets amébéens, Carin et Numérien, et même Carus leur père, alors absent.
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