Résumé

Portrait de Henri Patin Henri Patin Revue des Deux Mondes

Il ne devait plus retrouver l’intérêt présent et général qu’avaient su lui donner Virgile, Horace, Ovide, si habiles à choisir leurs sujets, lorsqu’ils avaient entrepris d’enseigner aux descendans du rustique Caton, maintenant hommes de lettres et hommes de plaisir, l’art de la culture, l’art des vers, l’art de la galanterie.
Rien de durable comme le lieu commun : mais le lieu commun épique surtout, semblait prétendre, chez les Romains, à l’éternité de l’empire.
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Alors il se contemple, il s’étudie, il se peint, il se chante, il devient à lui-même son propre héros. Rome, sous Auguste, en était là de son histoire littéraire, et ce fut la force des choses, presque autant que l’inclination particulière des écrivains, qui lui donna à la fois tant d’œuvres de formes diverses que réunit un même esprit : ces satires et ces épîtres, où Horace, reprenant avec plus de précision et d’élégance la libre mesure, le langage familier de Lucilius, retraça une image enjouée des ridicules et des vices de la société romaine, qu’il avouait être un peu les siens
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Le siècle d’Auguste, je prends ce mot dans son acception littéraire, en la restreignant à ce qui est particulièrement de mon sujet, à ce qui regarde la poésie, le siècle d’Auguste commence pour nous à Virgile, et il se termine avec Ovide, qui avait vu Virgile, mais qui n’avait fait que le voir, Virgilium vidi tantum [1] , et qui, malgré toutes ses graces, semble déjà loin de la vérité, de la pureté, de la beauté virgiliennes.
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