Résumé

Le poète Jean Millet et l'abbaye de Bongouvert (1869)

Mais si le souvenir de Millet s'est perdu pour beaucoup de gens avec la diffusion de la langue française et l'abandon du patois national, son esprit s'est perpétué et a continué la popularité du poète chez ceux-là et par ceux-là qui, de nos jours encore, ont conservé le culte ou l'habitude du langage de nos ancêtres, de ce langage si joyeux, si spirituel, si gaulois, en un mot, que je regrette sincèrement de le voir remplacé par la langue verte ou le jargon anglaisé de notre époque, par cet argot dont la mode, sous prétexte de bon ton, étend tous les jours l'empire autour de nous.
Source : Gallica

Le poète Jean Millet et l'abbaye de Bongouvert (1869)

Il faut, en effet, pour juger nos patois du Dauphiné, faire table rase, non des formes, mais des idées de la société moderne, et savoir se reporter à l'époque où Molière et Mme de Sévigné ne craignaient pas d'employer, dans leur si charmant langage, des expressions dont un homme de bonne compagnie ne peut plus se servir aujourd'hui. Il en est des mœurs ainsi que d'une œuvre d'art, autour de laquelle il y a presque toujours comme une atmosphère dont le goût et les idées du temps forment la base absolue et qui est indispensable à son existence.
Source : Gallica

Le poète Jean Millet et l'abbaye de Bongouvert (1869)

Millet, en effet, a su faire vibrer la fibre de ses contemporains, autant par la vérité des tableaux qu'il leur a présentés que par la science de la couleur locale dont il a su les revêtir et par un langage qui flattait leurs vieilles coutumes. Son œuvre fourmille de détails reflétant les mœurs de l'époque et de mots heureux qui devaient chatouiller agréablement des oreilles grenobloises, si l'on songe que le patois était encore la langue usuelle et préférée de nos bons aïeux.
Source : Gallica

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