“ Aux éclats de la foudre, au refrain de l’oiseau ; Puis le barde finit son hymne à la nature, Et, de rechef, ses doigts courent sur le roseau. Sa muse de trois sœurs est à l’instant suivie : Trois manitous qu’anime un souffle du désert. Chantent ce qu’ils ont vu dans leurs mille ans de vie. Muse, oh ! répète-nous leur sauvage concert ! Chant du Nibanabègue. « Le gouffre est mon palais, avec l’onde je coule, » Reprend Nibanabègue ; « au plus profond de l’eau, S’endort, à mon côté, le serpent qui se roule Et forme l’arc-en-ciel de son immense anneau. » ”
Arthur Guindon
Résumé
Arthur Guindon, dans En Mocassins, plonge le lecteur dans l’univers poétique et mythique des tribus autochtones d’Amérique du Nord, notamment les Algonquins, Iroquois et Hurons. À travers des chants, des légendes et des récits imprégnés de spiritualité, l’œuvre examine les liens entre l’humain, la nature et les esprits ancestraux.
Les thèmes de la mort, des ancêtres, des créatures surnaturelles et des éléments naturels (rochers, neige, canot) structurent une réflexion sur la vie et la tradition. La poésie guindonienne, abondante en symboles et en images oniriques, célèbre une culture où les mythes et les forces surnaturelles façonnent le destin des êtres humains.
Citations de En Mocassins (Arthur Guindon)
“ Un renard, un lynx, un lièvre et plusieurs autres animaux, ne sont pas moins fortunés. Un orignal qui n’est pas prévenu d’une telle faveur, a cependant la gloire d’escalader le firmament en broutant le long de l’arc-en-ciel. Si le calumet de paix, ce caducée de l’Amérique, n’a pas son manitou, ce dont on peut douter, les Illinois, pour ne parler que de leur tribu, le voient tout auréolé de poésie. Ils l’ornent, lui mettent des ailes et souvent des cheveux. Il le fêtent par une danse spéciale et un chant que Marquette a eu l’excellente idée de noter. ”
“ « Os de mes ancêtres, qui êtes suspendus au-dessus des vivants, apprenez-nous à mourir et à vivre ! Vous avez été braves ; vous n’avez pas craint de piquer vos veines. Le Maître de la vie vous a ouvert ses bras et vous a donné une heureuse chasse dans l’autre monde. La vie est cette couleur brillante du serpent, qui paraît et s’efface plus vite que la flèche ne vole ; elle est cet arc-en-ciel que l’on voit à midi sur les flots du torrent ; elle est l’ombre d’un nuage qui passe. » « Os de mes ancêtres, apprenez au guerrier à ouvrir ses veines et à boire le sang de la vengeance. » ”
