Résumé

Portrait de Louis de Boissy Louis de Boissy Oeuvres de Théâtre de M. Boissy

Jusques sur la Vertu qu’on exerce en dormant.
SIGISMOND.
Sigismond, de ton cœur dépouille l’arrogance.
Réprime tes noires fureurs.
Que le bien soit ton exercice unique,
Et saches que les Dieux répandent leurs faveurs
Jusques sur la vertu qu’en songe l’on pratique.
CLOTALDE.
Oui, c’est le seul moyen d’attirer leur bonté.
SIGISMOND.
Il faut donc vaincre ma fierté.
Par ta voix, comme un trait de flamme
La vérité, Clotalde, a pénétré mon ame.
Je ne ferai plus rien, même dans le sommeil,
Dont je puisse jamais rougir à mon réveil.
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Portrait de Louis de Boissy Louis de Boissy Oeuvres de Théâtre de M. Boissy

SIGISMOND à Clotalde.
Approche, noble défenseur,
Du roi mon pere, & de ton maître ;
Le zéle que pour lui ton ame a fait paroître,
Ne peut être payé de toute ma faveur.
LE ROI.
Mon fils, cette conduite aussi sage qu’auguste,
Annonce à vos sujets le règne d’un roi juste.
SIGISMOND.
C’est l’heureux fruit de vos rigueurs ;
Elles m’ont convaincu que toutes les grandeurs
Ne sont qu’une chimere ou le sommeil nous plonge ;
Qu’excepté la vertu, tout n’est rien que mensonge ;
Que notre prévoyance est un tissu d’erreurs,
Notre espoir un phantôme, & notre vie un songe.
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Portrait de Louis de Boissy Louis de Boissy Oeuvres de Théâtre de M. Boissy

Au sein de mes tyrans je porterois la mort.
CLOTALDE.
De l’auteur de votre naissance,
Eh quoi, les jours par vous ne sont pas respectés ?
Et sur moi, qui pris soin d’élever votre enfance,
Vous étendez vos cruautés ?
Ah ! Sigismond, à cet excès barbare
Pouvez-vous vous porter, même dans le repos ?
En goûtant ses douceurs, notre cœur se déclare.
De l’ame d’un tyran un noir songe s’empare,
Il voit toujours du sang dont il verse des flots :
Mais la vertu, dont votre esprit s’égare,
Jusques dans le sommeil accompagne un héros.
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