Jules Michelet,
L'oiseau
(1867)
“ Mais le vent, tout à coup levé, vint s'engouffrer dans nos bois; les plus grands arbres pliaient, et le cèdre même. Des torrents fondirent, tout nagea. Que devint le pauvre nid, ouvert, à terre, sans abri que la feuille de pervenche? Il échappa; car je vis, avec le soleil reparu, dans l'air épuré, mon oiseau plus gai que jamais, qui volait, le coeur plein de chant. Tout le peuple ailé chantait la lumière, mais lui bien plus que les autres. Sa voix de clairon était revenue. Je le voyais sous mes fenêtres, l'oeil en feu et le sein gonflé, s'enivrant du même bonheur qui faisait palpiter le mien. ”
