Paul Arène

Paul Arène

Résumé

Portrait de Paul Arène Paul Arène Jean-des-Figues

Un gant mignon qui sentait l’ambre,
Une liasse de lettres d’amour,
Un portrait de femme dans une pantoufle,
Et un oiseau-mouche empaillé !
De tout le jour, je ne quittai pas mes trésors, lisant les journaux, feuilletant les livres, dénouant, que l’ombre de Mitre me pardonne ! le ruban fané qui retenait les lettres d’amour ; regardant, pour échapper à l’émotion, le miroir à main, le pistolet et la pipe, symboles d’une vie d’aventures et de poésie ; puis revenant aux lettres d’amour, au gant, à la pantoufle, à la dame.
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Portrait de Paul Arène Paul Arène Jean-des-Figues

Que se passa-t-il en moi ? Je ne m’en rendis pas bien compte ; jamais, auprès de Reine, je n’avais éprouvé rien de pareil. Dieu me pardonne si je fus coupable ! Mais de me sentir si près de Roset, frôlé de ses cheveux et de sa robe ; de respirer, en même temps que l’air chargé du parfum amer des fleurs d’amandier, les arômes vivants de sa peau ; tout cela me grisa sans doute, car, la prenant par surprise entre mes bras, je cueillis sur ses joues, quoique les archives du cousin Mitre ne m’eussent rien enseigné de pareil, le plus naïf et le plus savoureux baiser du monde.
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Portrait de Paul Arène Paul Arène Jean-des-Figues

Mais que la cause de ta distraction ait été la philosophie ou l’amour, je t’en prie, ô Blanquet ! ne garde aucun remords au fond de ton âme d’âne. Comment t’en voudrais-je d’avoir une fois par hasard remué l’oreille, moi qui, dans le courant de ma vie, remuai l’oreille si souvent ! Est-on d’ailleurs jamais sûr que ceci soit bonheur et cela malheur en ce monde ? J’avoue pour mon compte qu’après y avoir réfléchi vingt-cinq ans, j’en suis encore à me demander si le brûlant rayon de soleil qui, par ton fait, m’est entré dans le cerveau, il faut le bénir ou m’en plaindre.
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