Résumé

Portrait de Paul Arène Paul Arène Œuvres de Paul Arène, Lemerre, 1884

Jean-des-Figues, me disais-je, que de peine tu pris pour être malheureux, quand il était si simple d’attendre que par un soir pareil, sous ce ciel éclatant plus beau que tous les palais, la Richesse, la Poésie, et l’Amour dans la personne de Roset, vinssent te trouver à ton champ de la Cigalière. Mais où l’amour est-il pour moi maintenant ?
À ce moment, tout au bas du champ, derrière la haie sauvage de fenouil, de fusains et de roseaux qui le sépare de la route, un grand tapage me tira de ma rêverie.
— « Arri !... Arri !... Balthazar !... »
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Portrait de Paul Arène Paul Arène Œuvres de Paul Arène, Lemerre, 1884

En route, en route, disait Janan, et, au même moment, le soleil apparu colorait en rose la vieille vigne, le tronc lisse et les larges feuilles du figuier, la voiture qui disparaissait au tournant du chemin, et la terre fraîche de la fosse !
Une question me restait à faire ;
— « À propos, père, quel jour donc ces bohémiens s’amusèrent-ils à fouiller ainsi sous le figuier ?
— Diantre, Jean-des-Figues, ce figuier t’intéresse bien, répondit le brave homme en riant de son bon rire ; quel jour ? je l’ai, ma foi ! bien oublié ! »
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Portrait de Paul Arène Paul Arène Œuvres de Paul Arène, Lemerre, 1884

Puis je me calme, je me mets en route au hasard. Nivoulas me suit, en pleurant toujours. Nous voilà battant le pays de compagnie.
Pas plus de bohémiens, pas plus de Roset que sur la main.
Aurais-tu rêvé ? me demandais-je quelquefois. Et le fait est que ce campement, tel que je me le rappelais, à la nuit tombante, les feux allumés, les trois sorcières, l’ombre de deux ânes et d’un mulet noir sur un ciel encore clair, toutes ces choses et Roset au milieu, presque morte, ressemblaient moins à une aventure réelle qu’aux images que se créent un cerveau malade.
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