Paul Arène

Paul Arène

Résumé

Portrait de Paul Arène Paul Arène La Chèvre d’or

Je le croyais loin, et déjà ramassais la précieuse clochette enfin conquise. Un appel me fait redresser.
— « Gueito ! » crie Galfar, ce qui, en langage du Puget-Maure, signifie, paraît-il : « Garde-toi ! »
Et, à quelque quarante mètres, j’aperçois, dans la clarté du jour levant, mon enragé qui, de sa seule main valide, tient un fusil en joue et vise.
J’ai un pistolet. Visons aussi à tout hasard.
— « Gueito ! » crie encore Galfar. Sans m’attendre, il tire, je tombe. Galfar a peut-être tiré trop tôt ? mais après m’avoir averti ; et, en somme, l’honneur est sauf.
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Portrait de Paul Arène Paul Arène La Chèvre d’or

M. Honnorat prétend même, laissons-lui la responsabilité de cette affirmation, que, par certains jours clairs, avec une bonne lunette, on peut, du haut de ma tour, découvrir, sur son roc trempant dans la mer, le vieux Monaco moyen-âge; plus bas Monte-Carlo, ses jardins de marbre, ses palais; et entre eux, le petit port d'Hercule où des tartanes se balancent.
Je vois mieux cela dans le souvenir.
Et surtout je me vois moi-même, il n'y a pas deux mois, sous les grands rosiers fleuris en hiver, respirant l'air salin, écoutant les palmiers chanter, admirant la splendeur frissonnante du golfe.
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Portrait de Paul Arène Paul Arène La Chèvre d’or

Norette n'a jamais songé à déchiffrer ces pages jaunies; Norette croyait, comme j'y croyais, au trésor gardé par la Chèvre; et c'est de bonne foi tous les deux, d'un même élan de cœur, avec le même enthousiasme, que, le jour de la pêche à l'oursin, dans la calanque d'Aygues-Sèches, Norette, pour être sûre que je l'aimais, moi, pour prouver que j'aimais Norette, nous renouvelâmes, en le complétant, le sacrifice de dame Guiraude.
Au surplus, tout est bien mieux ainsi: les légendes, comme les amours, gagnent à garder leur mystère!
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