Paul Arène,
Contes de Provence
“ Mais bientôt, dépassant la crête d’une roche, la lune apparut, dans son plein, et jeta sous la treille une blanche nappe de lumière où l’ombre des feuilles se découpait. Comme si la terre se fût éveillée, de chaque arbre, de chaque caillou, un bruit s’éleva ; les rainettes et les grillons entamèrent leur symphonie, et, avec ses mille voix confuses, le chœur des beaux soirs commença. Peu-Parle s’était tu. Tout à coup, levant le doigt : « Chut, écoute ! » Juste au-dessus de nous vibrait solitaire un chant de cigales, un chant qui était aussi un cri : étrange, comme immatériel. ”
