Paul Arène

Paul Arène

Résumé

Portrait de Paul Arène Paul Arène,  Contes de Provence

“ Mais bientôt, dépassant la crête d’une roche, la lune apparut, dans son plein, et jeta sous la treille une blanche nappe de lumière où l’ombre des feuilles se découpait. Comme si la terre se fût éveillée, de chaque arbre, de chaque caillou, un bruit s’éleva ; les rainettes et les grillons entamèrent leur symphonie, et, avec ses mille voix confuses, le chœur des beaux soirs commença.
Peu-Parle s’était tu. Tout à coup, levant le doigt :
« Chut, écoute ! »
Juste au-dessus de nous vibrait solitaire un chant de cigales, un chant qui était aussi un cri : étrange, comme immatériel.
”
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Portrait de Paul Arène Paul Arène,  Contes de Provence

“ C’est là le grand chagrin qui tranchait, l’âme de Tardive ; et c’est ce grand chagrin qui lui avait arraché ce mot de reproche, le seul en sept ans sorti de sa bouche :
« Ah, mon pauvre homme ! mon pauvre homme ! si tu fusses né sans bras ni jambes, notre porte aurait des clous d’or. »
Elle oubliait, la brave femme, qu’un coup de mistral avait, quinze jours auparavant, démoli la vieille porte, vermoulue dont elle aimait à faire reluire les ferrures ; elle oubliait que, faute de pouvoir la remplacer, ils en étaient réduits, pécaïre ! à fermer leur cabane avec un buisson.
”
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Portrait de Paul Arène Paul Arène,  Contes de Provence

“ Or, au bout d’une quinzaine, de çà, de là, tous les haricots de Pertuis se mirent à lever le nez : une pousse blanche d’abord, recourbée en crosse d’évêque, deux feuilles coiffées de la graine et portant encore un fragment de terre soulevée ; puis la graine sèche tomba, les deux feuilles découpées en cœur se déplièrent, et bientôt, du Lubéron à la Durance, toute la plaine verdoya.
Seul, le champ de Pitalugue ne bougeait point.
« Pitalugue, que font tes haricots ? »
Et Pitalugue répondait :
« Ils travaillent sous terre. »
”
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