Paul Arène,
Contes de Provence
“ Or, au bout d’une quinzaine, de çà, de là, tous les haricots de Pertuis se mirent à lever le nez : une pousse blanche d’abord, recourbée en crosse d’évêque, deux feuilles coiffées de la graine et portant encore un fragment de terre soulevée ; puis la graine sèche tomba, les deux feuilles découpées en cœur se déplièrent, et bientôt, du Lubéron à la Durance, toute la plaine verdoya. Seul, le champ de Pitalugue ne bougeait point. « Pitalugue, que font tes haricots ? » Et Pitalugue répondait : « Ils travaillent sous terre. » ”
