“ Il est vrai que la bourgeoisie de Loubans avait une revanche à prendre vis-à-vis de cette jeune fille. Quand ils s’attendaient à être éblouis par le luxe et les grands airs de la Parisienne et initiés par elle aux secrets du grand monde, quand ils espéraient enfin vivre quelque temps sur une pareille bonne fortune, ils n’avaient rencontré qu’une jeune personne mise très-simplement, et qui non-seulement refusait de faire des visites, mais poussait le dédain pour les Loubanais jusqu’à ne mettre ni robe de soie ni châle de dentelle quand elle traversait les petites rues boueuses de la localité. ”
Citations sur “Loubans”
“ « Bah ! dit Lucien, l’oncle Darbault nous excusera ; c’est un si brave homme ! Il nous sera plus avantageux d’avoir pied d’avance quelque part, et puis Loubans est un délicieux pays. » Il en fit à sa sœur un tableau merveilleux, et de son consentement écrivit. ”
“ Lucien attira sa sœur vers la fenêtre et lui dit tout bas : « Si nous ne trouvons pas mieux ? — N’y a-t-il pas d’autre pays que Loubans ? répliqua-t-elle en le regardant. Il rougit : « Sans doute ; mais puisque nous sommes ici... — Ah ! Lucien ! » lui dit-elle d’un ton de doux reproche. ”
Paul Perret,
Les Amours sauvages. La Sarrazine…
(1873)
“ Montrez que vous pouvez aussi avoir des femmes. C'est que le comte de Loubans, suffisamment beau, grandement élevé, fort riche et de race très noble, qui aurait pu, être du grand monde, n'en était point ou bien il en était sans éclat. Il faut bien des ressources clans l'esprit pour se faire une place d'étoile dans ces sphères Voilées. Y tenir un rang obscur est plus ennuyeux que, la mort. Loubans n'avait rien moins que le triple. génie de la curiosité, de l'intrigue subtile comme l'air : et de la parfaite correction extérieure qui fait clans la haute société les types accomplis et célèbres. ”
Paul Perret,
Les Amours sauvages. La Sarrazine…
(1873)
“ Il sort bien quelquefois de sa bouche des paroles trop peu mesurées qui pourraient encourager le mal ; mais il y a toujours dans son attitude quelque chose qui dit que ces encouragements ne sont point sérieux, et qu'il ne faut pas s'y fier. — D'ailleurs, elle avait bien vu la veille que Loubans était timide. ”
Paul Perret,
Les Amours sauvages. La Sarrazine…
(1873)
“ Ils poursuivaient le détachement allemand depuis plusieurs heures et le croyaient hors d'atteinte. Léone vit le jeune comte à pied comme ses hommes. Près de lui se tenait David Sarraz, qu'elle reconnut, David regarda plusieurs fois les fenêtres du château. Loubans ne voulut point tourner les yeux. ”
“ Lucien, moins résolu qu’elle, mais aussi dévoué, n’abandonna pas sa sœur. Plus d’une bonne âme à Loubans les accuse encore d’avoir capté à force d’intrigues la plus belle fortune du pays, bien que chacun, à l’occasion, recoure à Mme de Pontvigail comme à la providence la plus gracieuse qui se soit mêlée jamais des affaires d’autrui. Louis, maintenant, connaît l’exaltation du bonheur ; mais il passe toujours pour un peu fou, parce que toute injustice le passionne, et qu’il refuse, même heureux, d’arriver tout doucement à penser que les choses, après tout, sont pour le mieux en ce monde. ”
André Léo,
L’Idéal au village
(1867)
“ Mais Loubans est une trop petite localité . – Ah ! vous croyiez trouver ici de vraies campagnardes ? s' écria l' oncle Darbault . Détrompez -vous ; si ça se trouve quelque part , ce n' est sans doute pas en province . Nos dames se respectent trop . – Je ne sais pas pourquoi tu dis cela , interrompit M me Darbault . Il n' y a rien de bien beau à voir dans les champs . Et puis , je n' ai guère le temps , moi , et Agathe ne peut pas sortir seule . – Eh bien , ma tante , dit Lucien , si vous le permettez , nous accompagnerons ces demoiselles , Marius et moi . ”
Paul Perret,
Les Amours sauvages. La Sarrazine…
(1873)
“ LES AMOURS SAUVAGES 357 de Sarraz, dirigeant un bataillon de manoeuvriers armes de pioches. Les terribles souvenirs qui se dégagent de ce sol encore fumant ne l'incommodent pas outre mesure ; le vrai savant, est sans pitié. Martineau ne pense pas encore à l'Institut, mais il en rêve. Loubans est un homme fait à présent. Les événements lui ont donné la gravité de l'esprit qui lui manquait. Lui aussi, il est fort estimé parmi les siens qui disent: Il a fait son devoir Mais c'est Vanderkem qui a été decoré ! ”
André Léo,
L’Idéal au village
(1867)
“ Ils revinrent sur la route en plaisantant de la sauvagerie des gens du pays , et retrouvèrent au bas de la colline le collégien et sa bête qui s' impatientaient . Un quart d' heure après , au milieu du bourg de Loubans , ils s' arrêtaient en face d' une maison bourgeoise dont le portail s' ouvrait devant eux . A peine la voiture avait -elle pénétré dans une grande cour gazonnée , que cinq ou six personnes sortirent en courant de la maison et entourèrent les nouveaux venus . Un grand et gros homme , qui devait être l' oncle Darbault , aida Cécile à descendre et l' embrassa joue sur joue ”
André Gouirand, Les Peintres Provençaux
“ Loubon, chez qui le sens critique était très affiné, avait pour chacun l'observation juste, l'encouragement, le conseil judicieux. Il savait merveilleusement indiquer à chaque tempérament différent sa voie, en lui laissant toute sa personnalité. A tous, il disait: «N'imitez personne, car vous seriez au-dessous de ceux que vous parviendrez à égaler. Regardez autour de vous, peignez ce que vous avez vu depuis votre enfance; le paysage et les choses que vous comprenez et qui vous donnent des sensations.» ”
Fernand Lagarrigue, Études et voyages : Paris, la Belgique… (1860)
“ L'abbaye est encore entre leurs mains ainsi que le vaste parc qui la couvre de son ombrage. La ville de Louvain est le chef-lieu de district de la province de Brabant. Elle pleure ses beaux jours qui ne reviendront plus sur les bords agréables de la Dyle et de la Voer. Comme pour se consoler des malheurs que l'ambition et la vengeance lui ont fait supporter, elle essaie de se tromper elle-même et de couvrir la trop cruelle réalité sous la chimérique amorce de l'illusion. Tout y est d'un luxe qui étonne ; la prodigalité est le moindre défaut de ses habitants. ”
Émile Verhaeren,
Parmi les cendres
“ L’hôtel de ville de Louvain est un édifice qu’on lit et qu’on commente plus qu’on ne le voit. Il ne se laisse découvrir qu’à la réflexion minutieuse et à l’examen approfondi. C’est la halle des drapiers qui devint sous le duc de Brabant, Jean II, les locaux de l’université naissante. Jusqu’à l’heure de son éveil scientifique, Louvain, tout comme Ypres, Gand et Bruges, est une ville de corporations et de métiers. Elle ne vit que de son travail précieux : ses draps sont renommés dans le monde entier. Son esprit populaire dressé contre l’esprit féodal l’exalte, la déchire et la ruine. ”
Ferdinand Servian, Remarques sur la technique de quelques peintres provençaux… (1924)
“ Presque partout, c'est la peinture de l'activité, de la multitude, de la hâte, de l'effarement. Les œuvres de Loubon sont rares qui nous font assister au repos des bergers ou goûter le calme d'un décor pastoral. ”
Johannes Jørgensen,
Cloche Roland (les Allemands et la Belgique…
(1919)
“ Il n'est pas vrai que la rage aveugle de nos troupes ait brutalement détruit Louvain. A une population en furie, qui se ruait traîtreusement sur nos cantonnements, nos troupes ont été forcées de répondre par des représailles, en canonnant, le coeur navré, un quartier de la ville. La plus grande partie de Louvain est conservée. Le célèbre Hôtel-de-Ville est entièrement sauvé. Nos soldats, au péril de leur vie, l'ont préservé des flammes. ”
Fernand Lagarrigue, Études et voyages : Paris, la Belgique… (1860)
“ Et maintenant, que puis-je dire pour établir une différence entre les mœurs des habitants de Louvain et les Liégeois? Que vous apprendrai-je sur le Café Philosophique de Louvain que je n'ai déjà écrit sur le Café Littéraire de Liège? Ici et là on parle peu mais on boit beaucoup. La boisson favorite des uns et des autres est l'excellente bière de Louvain qui se tient toujours à la hauteur de sa prodigieuse réputation. A Louvain, plus que dans les autres villes de Belgique, vous êtes exposés à entendre déclamer d'amusantes rapsodies sur les poètes et les journalistes de France. ”
Fleury-Lamure, Charleroi : notes et impressions… (1916)
“ A 3 heures, je monte donc en auto, nous démarrons et nous voilà bientôt roulant vers Louvain aussi vite que le permet mon antique voiture. Je dois me munir à Louvain d'un laissez-passer spécial nous permettant, à mon chauffeur et à moi, d'aller librement vers la frontière française. En ville, tout va bien et les cris de « Vive la France ! » nous saluent au passage, à la vue du drapeau français voisinant avec le drapeau belge sur l'avant de notre auto. ”
André Gouirand, Les Peintres Provençaux
“ Si quelques peintres de basses-cours les ont vues remuantes, Loubon y éveille tous les instincts les plus violents. Sous le coup de fouet de la faim, il excite le poulailler à une bousculade acharnée, à des écrasements, des combats où, dans des caqueteries de victoire, des piaulements de défaite, se hérissent les crêtes, s'arment les ergots, s'envolent les plumes. ”
Jean Hardÿ, Mémoires militaires du général Jean Hardy… (1883)
“ J'ai atteint la Meuse à Ruremonde; ni montagnes, ni forêts n'accidentent la route; le terrain est partout uni, on trouve cependant des marais très-étendus, mais on les traverse en voiture sur de très-beaux chemins. De Ruremonde j'ai été à Louvain, qui en est à vingt-deux lieues, à travers une plaine unie et sans obstacles; mais c'est le pays le plus stérile que j'aie trouvé : ce ne sont que bruyères ou tourbières. L'abondance et les richesses des Pays-Bas recommencent à paraître à Louvain ”
Cornélis de Witt, Louvois et l’Armée de Louis XIV…
“ À ce Louvois de convention, construit tout d’une pièce, qui ne rit jamais et qui fronce toujours le sourcil, M. Rousset en a substitué un autre, le vrai, le Louvois vivant, complexe, brutal et courtisan, adroit et impérieux, égoïste et patriote, judicieux et fougueux, capable d’éprouver et d’inspirer l’affection comme la haine, détracteur jaloux et timide de Turenne, ennemi souterrain et camarade de Luxembourg, ami de Vauban et de Catinat. Ce qu’on peut inventer de plus inexact sur Louvois, c’est d’en faire un subalterne. ”
Joachim Ambert,
Louvois d'après sa correspondance…
(1881)
“ Dangeau, par habitude de courtisan, n'ose nommer Louvois. C'était un parti pris; Vauban lui-même écrivait à Louvois : «. Surtout empêchez que le roi ne combatte. » Après la prise de Bouchain, Louis XIV vint s'établir au camp de Nider-Asselt, à quatre lieues de Bruxelles, d'où il écrivit à Colbert, le 2 juin : « Je suis ici dans un lieu où j'ai besoin de patience. Je veux avoir ce mérite de plus à la guerre, et faire voir que je sais embarrasser mes ennemis par ma seule présence; car je sais qu'ils ne souhaitent rien avec tant d'ardeur que mon retour en France. » ”
Maurice Lecat, Relations intellectuelles avec les centraux… (1921)
“ La plus grande ruine de Louvain n'est pas le sac d'une ville par une armée ; c'est la ruine de la vérité par un peuple. ». « Non contents de vous en prendre à la Belgique vivante, écrit R. Rolland (le 2 sept. 1914) , vous [Allemands] faites la guerre aux morts, à la gloire des siècles. Vous bombardez Malines, vous incendiez Ru b en s. Louvain n'est plus qu'un monceau de cendres, Louvain avec ses trésors d'art, de science, la Ville Sainte !. Êtes-vous les petits-fils de Goethe ou ceux d'Attila? (3) Est-ce aux armées que vous faites la guerre ou bien à l'esprit humain ? » ”
Gustave Le Brisoys Desnoiresterres, Les cours galantes. Tome 1 (1861-1864)
“ C'était une surprise de Louvois, qui lui en faisait cadeau. Est-il possible d'être plus magnifique avec plus de charme et de délicatesse?-Dangeau, Journal (addition de Saint-Simon) , l. XII, p. 66. de leur beauté et veulent en tirer tout le parti possible, plus ambitieuses que tendres, et qui font passer les choses de la vanité pardessus toutes autres. Louvois, dont la physionomie avait la dureté de son caractère, n'eût sans doute pas fait battre le cœur et conquis les bonnes grâces de la marquise, s'il n'eût été Louvois, c'est-à-dire l'homme le plus puissant après le roi et malgré le roi. ”
Various, La Belgique héroïque et martyre
“ LE CRIME DE LOUVAIN LE crime de Louvain, n'est pas seulement un crime contre la Vie: c'est un crime contre l'Esprit, écrivait récemment Pierre Nothomb. Et de fait on ne pouvait évoquer le nom de Louvain, sans songer au centre intellectuel, de réputation célèbre, dont la fondation remonte à 1425; on ne pouvait traverser les rues étroites et tortueuses de la vieille cité brabançonne, sans admirer l'une ou l'autre façade artistique des quarante-trois collèges de l'ancienne université! ”
Frédéric Mistral,
Mes Origines; Mémoires et Récits de Frédéric Mistral
“ Désireux, nous aussi, de raccourcir notre descente, mais ignorant les chemins, nous allâmes nous fourvoyer dans une ravine ardue, la Loubatière du Ventoux, si encombrée de rocailles et si périlleuse aussi que, pour arriver en bas, nous mîmes le jour entier.Le ravin de la Loubatière, comme son nom le dit, n'est fréquenté que par les loups, et il se rue subitement, du sommet au pied du mont, entre des berges si scabreuses qu'il est presque impossible, une fois qu'on y est rentré, d'en sortir pour changer de route. ”
Joachim Ambert,
Louvois d'après sa correspondance…
(1881)
“ Vauban est d'une simplicité antique dans sa réponse : « La nécessité où je me trouve de faire, tous les jours, deux voyages à la tranchée, de six à sept heures chacun, me met dans l'impuissance de faire de longs discours. Présentement je fais percer pour entrer dans l'Arabie Pétrée, c'est-à-dire dans ce large avant-chemin couvert, où l'on ne trouve plus que le roc vif. » Seul, et sans même consulter Vauban, Louvois avait arrêté les approvisionnements et tous les accessoires. ”
Eugène Rendu, Voyages du samedi : conversations et récits à l'usage des écoles enfantines et des classes primaires (1882)
“ Revenons à Louviers. C'est une ville où l'on ne voit plus le nez ni la queue d'un loup, mais, en revanche, de grandes quantités d'une marchandise fabriquée avec la laine des pauvres animaux qui étaient jadis les victimes habituelles des loups, c'est-à-dire des moutons et des brebis. Vous savez ce tissu doux et chaud qu'on appelle du drap. Chacun de vous connaît le drap, car c'est avec ce produit précieux qu'on vous fait de bons vêtements pour l'hiver, draps unis ou croisés, cuirs de laine, satins de laine, casimir, etc. ”
Fleury-Lamure, Charleroi : notes et impressions… (1916)
“ Le major qui doit me donner le papier nécessaire n'est pas là. Impossible de partir ce soir. Il me faut coucher à Louvain. Dans la ville c'est un va-et-vient invraisemblable de soldats occupés à des corvées ; de militaires en promenade ; de parents qui cherchent un fils, un père sous les drapeaux. On voit passer des véhicules de tout âge et des attelages de toute sorte. Des centaines d'autos font de la poussière dans tous les sens et la pétarade des moteurs fait de cette ville, si calme d'habitude, un véritable champ de bataille. ”
Johannes Jørgensen,
Cloche Roland (les Allemands et la Belgique…
(1919)
“ Et maintenant, un an après, le monde sait que Louvain était innocent. Quand les Allemands veulent prouver la culpabilité de la malheureuse ville, il leur faut recourir à des histoires comme celle que j'ai racontée des tuyaux de fer dans les murs. Ou bien ils doivent chercher à diminuer leur crime : ce n'était pas si méchant... Une bonne partie de la ville est encore debout... nous avons sauvé l'Hôtel-de-Ville au péril de notre vie ! Le commandant allemand de Louvain, le major Manteuffel, « fit éteindre le feu dans le voisinage de l'Hôtel-de-Ville ». ”
Auguste Laugel,
Les Institutions Militaires de la France - Louvois - Carnot - Gouvion-Saint-Cyr
“ Si, malgré son énergie et son audace, Louvois paraît avoir hésité à compléter son œuvre par certaines mesure radicales, il ne connut pas d’obstacles dans l’impulsion donnée à deux services qui entre ses mains semblaient se confondre, la haute administration de la guerre et les fortifications. Avec les conseils et le concours de Vauban, avec l’aide de quelques intendans actifs, ingénieux, vigilans, sans pitié comme lui, les Robert, les Jacques, les Berthelet, il ne se contenta pas de réformer, il créa. ”
Jacques-Henri Rudemare, Journal d'un prêtre parisien (1788-1792… (1896)
“ C'est le seul qui existe à Louvain. Le bassin, le canal et les quais de Louvain sont plus beaux et plus larges que ceux de Bruxelles. L'Eglise d'une ancienne commanderie de Malte, perchée sur la cime d'une montagne, forme une assez jolie perspective. On ne rencontre à Louvain que prêtres, moines etétudiants. Il y a trente-sept collèges pour loger les écoliers, où l'on professe la philosophie, où l'on professe les humanités. ”
