Résumé

Fleury-Lamure Charleroi : notes et impressions… (1916)

Mon auto avait déjà passé par là. Les soldats belges aussi nous acclamaient.
Sur le pas des portes il y avait des femmes assises; des vieilles, le menton dans les mains, l'air écrasé, le regard fixe, semblaient dire : « Voilà bien la guerre. » Des jeunes gens riaient avec les soldats.
Nous avons déjeuné au seuil d'une auberge isolée non loin de Saint-Héribert, un des redoutables forts qui défendent Namur. Au loin, du côté de l'est, on entend
comme une rumeur de bataille, des coups de canon tonnent lentement, puis, tout à coup, s'accélèrent, se précipitent, pour s'apaiser bientôt.
Source : Gallica

Fleury-Lamure Charleroi : notes et impressions… (1916)

Un pont de fortune y a été jeté à la hâte par le génie. De l'ancien il ne reste que quelques poutres, brisées par les obus sans doute. L'eau verdâtre qui court, rapide, charrie de temps à autre des cadavres de Français et d'Allemands. Ils semblent, ces cadavres, se poursuivre dans une course folle, fantastique, heurtant les berges, roulant dans les tourbillons, s'arrêtant parfois contre les piles du pont où ils paraissent se dresser soudain, affreux à voir avec leurs figures blanches et leurs grands yeux ternes qui semblent regarder encore.
Source : Gallica

Fleury-Lamure Charleroi : notes et impressions… (1916)

Le train poursuit toujours sa course folle. Je crois bien que jamais rapide n'a atteint cette allure-là. Les compartiments craquent de tous côtés. Les tournants, pris en vitesse, me rejettent à chaque instant sur la banquette d'en face. Mes compagnons de route ne disent plus rien, ils sont blêmes d'effroi ; pour mon compte personnel, je me sens assez mal à l'aise.
Soudain, un long sifflement de la locomotive vient nous tirer de notre angoisse. Je respire : tout va bien ; si la sirène peut siffler, cela prouve que le mécanicien ou le chauffeur sont toujours à leur poste.
Source : Gallica

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