Résumé

Louis Sers Revue des Deux Mondes

À ce moment, se trouvait à Petrograd un général français, qui connaissait admirablement la Russie et y était connu et estimé de tous : il demandait qu’on mît à sa disposition dix mille hommes et se faisait fort de supprimer les désertions. Il eût suffi, en effet, de garder militairement les gares et d’occuper Petrograd, Moscou, Kiew et Odessa : jamais l’armée russe n’aurait quitté le front. Les routes n’existant pas, le seul moyen de transport est le chemin de fer ; c’est par le chemin de fer que les déserteurs fuyaient : ce moyen leur étant enlevé, ils auraient forcément gardé les tranchées.
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Louis Sers Revue des Deux Mondes

Des hommes qui depuis trois ans avaient pris l’habitude de ne rien faire, d’être nourris et bien nourris, sans, avoir à se livrer comme autrefois aux durs travaux des champs, ne se soucièrent nullement de quitter l’armée... ou du moins l’uniforme.
Survint alors un phénomène bizarre et qui devait avoir une répercussion énorme sur l’état de la Russie tout entière : ce peuple, qui n’avait jamais quitté sa chaumière, fut pris d’un subit besoin de voyager ! Soudain, des milliers et des milliers d’êtres furent en proie à la monomanie du voyage.
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Louis Sers Revue des Deux Mondes

Pendant ce temps nos escadrilles ralliaient le parc à Jezergany. Nous étions atterrés : à peine espérions-nous pouvoir sauver notre matériel : aurions-nous les locomotives nécessaires au transport ?... Au loin, tous les villages brûlaient et nous ne savions même pas si c’étaient les Russes, qui, en s’en allant, recommençaient leurs dévastations de la première retraite, ou si c’étaient les Allemands qui avaient allumé ces incendies. Impossible d’avoir le moindre renseignement.
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