Jean Petithuguenin

Résumé

Jean Petithuguenin Le premier choc (1918)

Los assaillants ne renoncent pas encore. Ils se dispersent en tirailleurs pour offrir moins de prise aux balles et aux obus et courent comme des fous droit sur les tranchées. On ne peut leur refuser de la bravoure. Ces gens-là, si faux, si barbare que soit l'idéal pour lequel ils se battent, montrent un vrai mépris de la mort.
A la fin, pourtant, sous la mitraille terrible qui les fauche, ils s'enfuient.
Le lieutenant Marie, au spectacle de ce combat, était transporté du même enthousiasme que quand il avait assisté, du haut d'un colombier, à la reprise d'Arsimont.
Source : Gallica

Jean Petithuguenin Le premier choc (1918)

Si le doute règne encore dans l'esprit des chefs français, il faut le dissiper au plus vite. L'ennemi se précipité avec toutes ses forces sur la ligne de la Sambre pour enfoncer l'adversaire qui a l'audace de contrecarrer ses desseins, et en finir d'un coup avec lui.
Le lieutenant Marie sent son cœur se serrer. Il sait que les Français n'ont pas achevé leur concentration, que les Anglais sont en retard d'une bonne journée. Lui qui a nourri jusqu'alors une aveugle confiance en l'invincibilité de nos armes, il est envahi par la crainte d'un désastre.
Source : Gallica

Jean Petithuguenin Le premier choc (1918)

Nous allons nous-mêmes à Florennes en auto, un camarade et moi; nous vous emmènerons.
Marie raconta en quelques mots sa terrible chute; puis la conversation tomba sur la reprise d'Arsimont. L'aviateur émit l'opinion que ce succès était trop chèrement payé et serait éphémère.
L'autre hochait la tête avec tristesse.
Voyez-vous, dit-il, la bravoure n'est pas tout, dans une guerre comme celle-ci. Nous sommes trop imbus des vieilles théories. On ne se bat plus aujourd'hui comme au temps de Napoléon. Il ne suffit pas de bourrer avec vigueur pour avoir raison de l'ennemi.
Source : Gallica

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