“ Sur un lit de fougère fraîche deux grandes feuilles de patience se faisaient vis-à-vis en guise d'assiettes, et sur une feuille de berce beaucoup plus grande, comme il convient pour un plat, la perche était dressée entourée de cresson; c'était une feuille aussi, mais plus petite, qui servait de salière, comme c'en était une autre qui remplaçait le compotier pour les groseilles à maquereau; entre chaque plat était piquée une fleur de nénuphar qui sur cette fraîche verdure jetait sa blancheur éblouissante.«Si vous voulez vous asseoir», dit Perrine en lui tendant la main. ”
Hector Malot
Résumé
Publié en 1893 par Ernest Flammarion, En famille d'Hector Malot suit Perrine, une orpheline de 13 ans, dans son voyage vers Maraucourt pour retrouver son grand-père, le riche industriel Vulfran Paindavoine. Ce roman d'apprentissage examine les conditions de travail dans l'industrie textile, les disparités sociales et les conflits familiaux.
En tant que suite de Sans famille, il poursuit la réflexion sociale de l'auteur, qui dénonce les injustices tout en célébrant le paternalisme. Récompensé par le prix Montyon en 1894, l'œuvre a également inspiré une adaptation japonaise.
Citations de En famille (Hector Malot)
“ Ma confiance en toi m’est venue du courage que tu as montré dans ta lutte contre la misère ; quand on est brave comme tu l’as été, on est honnête ; tu viens de me prouver que je ne me suis pas trompé, et que je peux me fier à toi, comme si je te connaissais depuis dix ans. Depuis que tu es ici tu as dû entendre parler de moi avec envie : être à la place de M. Vulfran, être M. Vulfran, quel bonheur ! La vérité est que la vie m’est dure, très dure, plus pénible, plus difficile que pour le plus misérable de mes ouvriers. Qu’est la fortune sans la santé qui permet d’en jouir ? ”
“ Jusque-là Perrine ne se serait pas permis, les jours de pluie, de relever la capote du phaéton, ni les jours de froid ou de brouillard, de rappeler à M. Vulfran qu’il était prudent à lui d’endosser un pardessus, ou de nouer un foulard autour de son cou, pas plus qu’elle n’aurait osé, quand les soirées étaient fraîches, fermer les fenêtres du cabinet ; mais du moment qu’elle avait été avertie par Mme Bretoneux que le froid, l’humidité, le brouillard, la pluie pouvaient aggraver la maladie de M. Vulfran, elle ne s’était plus laissé arrêter par ces scrupules et ces timidités. ”
