Joseph Lallier

Joseph Lallier

Résumé

Portrait de Joseph Lallier Joseph Lallier Le spectre menaçant

Dites-moi, André, vous aimez Agathe ?
— Je ne vous ai jamais menti, Monsieur Drassel, et je mentirais si je disais le contraire. Je m’étais déjà épris d’elle, je ne sais trop comment. Elle venait souvent au bureau, nous causions. Je dissimulais, elle aussi peut-être ; mais deux cœurs qui s’aiment finissent toujours par se deviner. Notre dernière aventure m’a rendu encore plus amoureux ! Je me suis senti attaché à elle... par des liens inextricables. J’ai même inconsciemment « montré mes cartes » quand elle m’a fait demander, ce qui m’a attiré des désagréments de la part de Madame Drassel.
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Portrait de Joseph Lallier Joseph Lallier Le spectre menaçant

Allez reconduire Monsieur, dit-elle au serviteur qui attendait à la porte.
— Maman, vous êtes cruelle ! hasarda Agathe.
— Ton père réglera ça à son retour ! répondit Madame Drassel. Quelle audace ! Un comptable, prétendre à la main de ma fille ! Pour profiter d’une telle circonstance, ça ne prend qu’un lâche !
Rouge de colère, elle alla rejoindre ses visiteuses qui l’attendaient au salon.
De son côté, André sortit en faisant claquer les portes, irrité de tant d’ingratitude.
— Qu’est-ce que je vous disais, dit Madame Wolfe se penchant à l’oreille de Madame Duprix.
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Portrait de Joseph Lallier Joseph Lallier Le spectre menaçant

Agathe lui devait aussi la vie et, pourtant, il tremblait rien qu’à la pensée du regard de son père ! C’est que, dans ce regard, il y avait peut-être plus de douleur que de colère, car un père ne peut haïr son fils, fût-il criminel. Maintenant qu’il l’avait remboursé, il suffirait peut-être d’un mot pour qu’il le rappelle à lui. Ah ! revoir cette belle ferme de Verchères, s’asseoir à l’ombre des vieux chênes, humer l’air natal, jouir encore de ce bonheur de la vie de famille que rien ne peut remplacer, était son plus ardent désir.
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