“ Il s’étageait sur les deux rives de la rivière Chicoutimi, tout au bord du Saguenay qui coulait à travers deux épaisses forêts couvrant de longues chaînes de caps et dégringolant jusqu’aux rives... Chicoutimi n’eut pas de jours tourmentés. Les pins et les épinettes qui entouraient le paisible poste ne furent jamais les témoins de batailles farouches entre blancs et indiens, et les années n’avaient pas eu à effacer la mémoire d’époques troublées et sanglantes, de scènes sauvages transformées dans la suite en de vagues légendes. ”
Chicoutimi
Définition et enjeux
Chicoutimi, ville située dans la région du Saguenay, a captivé de nombreux auteurs par son lien étroit avec la nature et son développement industriel. Damase Potvin évoque son passé serein, entouré de forêts et du fleuve Saguenay, tandis qu’Arthur Buies souligne son énergie contemporaine, décrivant une communauté portée par un « esprit d’entreprise remarquable ».
Anne-Marie Huguenin, quant à elle, met en avant son élégance et son potentiel économique, illustrant ainsi les multiples facettes de cette ville, à la fois havre naturel et centre d’innovation.
Citations sur “Chicoutimi”
Arthur Buies,
Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean
“ De ce jour, les habitants de Chicoutimi sentirent qu’ils avaient en eux un esprit ignoré qui attendait son heure et cet esprit, qui n’était autre que le démon fougueux du progrès, s’est emparé d’eux au point qu’ils ne peuvent plus s’arrêter et qu’ils font marcher de pair les constructions, les améliorations, les entreprises les plus diverses, comme s’ils n’avaient qu’à toucher une baguette magique pour en faire jaillir des réalités ! Les Chicoutiminois sont possédés d’un esprit d’entreprise formidable ”
Anne-Marie Huguenin,
Premier péché
“ Chicoutimi est une toute coquette ville, qui se perche sur des hauteurs, pour se plaire parfois à bâtir un nid auprès des flots, afin de mieux entendre leur caressant roucoulement. Gracieusement bâtie, ses élégantes villas sont fleuries et parfumées des mille attraits d’une nature en beauté. ”
Arthur Buies,
Chroniques
(1873)
“ De même que les autres rivières de la région saguenachienne, la Chicoutimi mange ses rives, aujourd’hui absolument nues et déboisées, car les feux périodiques dévorent les bois ; les terres cultivées y paraissent à intervalles inégaux, quoiqu’il y ait des habitations sur tout le parcours du chemin qui est un des plus beaux qu’on puisse voir dans n’importe quelle partie de la province. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et la vallée du lac St…
“ La rivière Chicoutimi, depuis le Portage des Roches où elle reçoit les eaux du lac Kenogami, jusqu’à l’endroit où elle débouche dans le Saguenay, a un cours tortueux d’environ dix-sept milles de longueur, entre des rives peu élevées qu’elle ronge incessamment et sur lesquelles, au printemps, elle déborde, en leur arrachant des monticules entiers de sable et en renversant tout ce qu’elle trouve sur son passage. ”
Arthur Buies,
La province de Québec
“ La rivière Chicoutimi, à proximité de la ville, forme une chute dont l’énergie est évaluée à 25,000 chevaux. C’est sur une île, pittoresquement taillée dans le roc au beau milieu du torrent, que la compagnie de pulpe de Chicoutimi a bâti ses usines et installé les machines les plus parfaites du genre. Elle a débuté avec un capital de 50,000 dollars, qui, bientôt insuffisant, a dû être porté au chiffre de 120,000. La langue française est la seule en usage dans tout l’établissement, pour quelques fins que ce soit. ”
Joseph Lallier,
Le spectre menaçant
“ Parti de New-York le soir, il s’arrêta à Montréal une journée pour y régler une affaire pressante et prit le train le même soir pour Chicoutimi. En vain le wagon-lit roula-t-il pesamment sur les rails d’acier, berçant doucement le grand industriel ; le sommeil ne venait pas. Il s’assoupissait un instant, pour s’éveiller dans un cauchemar. Plus il approchait de Chicoutimi, plus il se sentait impressionné par l’aventure d’Agathe. ”
“ Le petit poste avait donc coulé des jours tranquilles avec ses cabanes entourées du vert sombre des forêts, au bord de la rivière argentée qui s’en allait là-bas en pleine sérénité... À Chicoutimi, le Saguenay est chez lui, bien chez lui. Tout le pays, ici, lui appartient. C’est lui qui a creusé son lit, largement, d’un cap à l’autre. Il n’est pas un coin de cette terre tourmentée qui ne soit pas ce qu’il est à cause du Saguenay... On le voit, au fond des gorges, écumeux parmi les rocs sombres et si profond que des franges d’écumes bondissantes semblent immobile et figées. ”
Anne-Marie Huguenin,
Premier péché
“ Chicoutimi est une ville très moderne, dirigée de manière intelligemment progressive, les industries y sont en grand succès, l’on y visite une grande manufacture de pulpe, bâtie au pied d’une énorme chute qui gronde sans cesse en bouillonnant ses blanches cascades ; grâce à ses pouvoirs d’eau remarquables, la ville du Saguenay est destinée à progresser comme centre industriel ; c’est dire que la fortune a des réserves charmantes et généreuses pour les heureux habitants du Nord. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean
“ Il faut avoir parcouru cet espace de trente-six milles qui s’étend entre Hébertville et Chicoutimi pour se faire une idée des misères et des fatigues qu’ont endurées les intrépides colons de ce pays jusqu’à ces années dernières. Il faut surtout avoir entendu de leur propre bouche les récits émouvants qu’ils en font. ”
Arthur Buies,
Chroniques
(1873)
“ C’est une grande baie monotone où il y a deux villages et d’où partent deux chemins qui vont à Chicoutimi. Si ce n’étaient son contour si pur et si correct, son encadrement à la fois sauvage et doux, et surtout la célébrité que lui a acquise sa position au terme d’un voyage, qu’il faut atteindre si l’on veut voir le Saguenay dans toute sa longueur, on ne sait pas pourquoi les visiteurs prendraient la peine de s’y rendre. Je ne connais rien de plus morne ni de plus ennuyeux ; c’est à peine si les passagers éprouvent l’envie de descendre et de se promener un quart d’heure sur la rive. ”
Anne-Marie Huguenin,
Premier péché
“ Il y a tant de franchise, de spontanéité et de grâce dans la façon de vous souhaiter la bienvenue, que l’on est immédiatement conquis par d’aussi agréables manières. Si l’esprit, l’amabilité, la franche hospitalité de nos pères les Français disparaissaient de nos centres tumultueux, on les retrouverait dans la jolie ville si patriotiquement canadienne de Chicoutimi, trop fière de son cachet pour l’altérer jamais. Les Chicoutimiennes sont là pour veiller sur ses précieux trésors, et nulle crainte que rien périsse : ce que garde le sourire d’une femme est bien gardé ! ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et la vallée du lac St…
“ Le 23 septembre, 1848, il obtenait du gouvernement un township dans la péninsule de Chicoutimi, moyennant vingt cents l’acre et, de plus, un octroi de lots de cinquante acres, de chaque côté de la ligne conduisant de la Grande Baie au Lac Saint-Jean. M. Boucher était doué d’un rare courage ; il en fallait pour entreprendre, avec le peu de moyens à sa disposition, d’établir une colonie isolée à 80 lieues de Québec, à trente-cinq milles de Chicoutimi et à trente milles des établissements les plus voisins, sans routes qui y conduisissent. ”
Adolphe-Basile Routhier, En canot
“ Au pied de la montagne, sur la berge de la rivière, nous nous reposons à l’ombre des peupliers en attendant nos bons montagnais. Nous pourrions bien continuer notre route en voiture, mais nous ne voulons nous séparer de nos canots qu’à la dernière étape. Nous y remontons donc avec joie dès qu’ils sont arrivés, et nous cinglons vers Chicoutimi. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et la vallée du lac St…
“ Après le township Chicoutimi vient celui de Jonquière où se trouve la paroisse de Saint-Dominique, une des plus considérables du diocèse. Cette paroisse est située entre le Saguenay et le lac Kenogami ; une de ses extrémités touche à la paroisse de Chicoutimi, l’autre à celle d’Hébertvilie. Les premières tentatives de colonisation dans cet endroit datent de 1848, et presque tous les colons qui s’y fixèrent venaient de la Malbaie, laquelle comprenait alors les paroisses de Saint-Irénée et de Sainte-Agnès. En 1863, Saint-Dominique comptait déjà soixante douze familles ”
Victor-Alphonse Huard,
Labrador et Anticosti
“ Ajoutons que, depuis un certain nombre d’années, le territoire du lac Saint-Jean forme un comté distinct, pour ce qui est de l’administration provinciale seulement. Le député de Chicoutimi et Saguenay à la Législature de Québec représente donc une division électorale un peu moins étendue que celle de son collègue d’Ottawa, mais assez vaste, elle aussi, pour constituer un pays d’assez grande importance. Les chefs d’État d’Angleterre, d’Ottawa et de Québec feront donc bien d’être sur leurs gardes, et de se défier toujours, sans en avoir l’air, des deux députés de Chicoutimi et Saguenay. ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Peter McLeod fit bâtir deux moulins à scie coup sur coup, le premier à deux milles de l’ancien poste de Chicoutimi et le second à la chute de la rivière Chicoutimi, au Bassin. Les chantiers commencèrent peu après dans la pinière explorée en 1725 par le Gardeur de Tilly. Dès le printemps de 1843 partirent des chargements de madriers. Un village surgit bientôt autour de la scierie. McLeod ouvrit un magasin et c’est ainsi qu’il est devenu le fondateur de Chicoutimi. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et la vallée du lac St…
“ Quant à la paroisse de Chicoutimi, elle comprend tout le township de ce nom et une population de cinq mille âmes, en y comprenant, bien entendu, celle de la ville. Il ne faut pas croire que cette population soit avant tout agricole ; non, elle est en général pauvre, et les hommes préfèrent travailler aux chantiers, ou faire la cueillette des bleuets et celle de la gomme de sapin. La gomme de sapin est en effet une des industries qu’exploitent les marchands de Chicoutimi ; ils en envoient tous les ans de quinze à vingt barils à Québec à bord des goëlettes. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et la vallée du lac St…
“ Au mois de mars, le père Durocher alla se fixer à Chicoutimi. D’après le rapport qu’il fit peu après à l’archevêque, on voit que la population du Saguenay atteignait alors trois mille âmes, sur lesquelles il y en avait onze cents à la Grande Baie et six cents à la rivière du Moulin. On y voit de plus qu’il se manifestait déjà un élan irrésistible vers la colonisation et que les gens s’emparaient des terres du mieux qu’ils pouvaient, malgré les défenses de la Compagnie de la Baie d’Hudson. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et la vallée du lac St…
“ On ne pouvait donc pas s’attendre à ce que les établissements commencés à Chicoutimi fussent continués et se développassent jusqu’au Lac Saint-Jean en suivant une marche naturelle ; il fallait d’un seul bond sauter une large barrière si l’on voulait jeter une nouvelle colonie sur les bords du lac Kenogamichiche ; des individus isolés n’en seraient pas venus à bout, des sociétés organisées pouvaient seules tenter de le faire. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et la vallée du lac St…
“ Le 17 janvier eut lieu la bénédiction de la première chapelle de Chicoutimi, construite à l’usage des Canadiens sur la rive est de la rivière du Moulin. Il y avait bien déjà la petite chapelle des Jésuites, mais elle avait été construite seulement pour l’usage des Indiens. ”
Larry Wilson, L’appel du Chibougamau
“ Un seul endroit surpasse Noranda en laideur : c’est l’usine d’aluminium d’Arvida, près de Chicoutimi. Elle représente à mon humble opinion le dernier mot de la hideur architecturale. Et je me demandais : Est-il possible que le magnifique Chibougamau, paré des splendeurs virginales de ses forêts et de ses cours d’eau, doive partager un jour ce sort-là ? Hélas ! il faut le craindre : c’est la rançon du progrès. Lorsque les mines entreront en pleine production au Chibougamau, les résidus de minerai ramenés à la surface seront probablement jetés dans le lac aux Dorés. ”
Damase Potvin,
Le tour du Saguenay
“ Autour des premiers moulins construits par McLeod, un village d’ouvriers s’organisa et s’agrandit d’année en année. Il devint le village de Chicoutimi. Après McLeod, un autre personnage important entra en scène qui, ainsi que ses fils qui lui succédèrent, jouèrent un rôle prépondérant dans l’histoire de Chicoutimi : ce fut M. William Price, fondateur de la maison Price. La Société des 21 s’entendit avec lui pour l’exploitation des forêts du haut et du bas Saguenay. ”
Gabriel Gravier,
Vie de Samuel Champlain, fondateur de la Nouvelle-France…
(1900)
“ Des Décharges à la « Terre Rompue », ChamplaIn comptait dix-huit sauts ou rapides. Près de la Terre nipue, le Chicoutimi, appelé par les Sauvages Iskotimzw, * jusque-là l'eau profonde », apporte au Saguenay, par une Puissante cataracte, les eaux du lac Kenogami. Saguenay, large alors de 1 020 mètres, coule entre de hauts rodlers. Au moment des marées, il porte, jusqu'à Chicoutimi, les bateaux à vapeur qui viennent charger des bois. Plus loill, il s'élargit encore. A la rencontre de la baie de Ha-Ha, il devient un bras de mer, un fjord comme ceux de la Norvège. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean
“ Les élèves du collége de Chicoutimi peuvent suivre un double cours, s’ils le désirent, cours classique et cours commercial, ou ils ont le choix entre les deux. Ce choix dépend d’une foule de raisons, comme on le pense bien, et se fait même au besoin sans raison aucune. Les élèves des hautes classes, qui se sentent mordus de la tarentule littéraire, animal particulièrement homicide, s’exercent dans l’Oiseau-Mouche, petit journal qui s’envole une fois par semaine des presses du collége. ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Il fit construire à Chicoutimi un magasin et une maison pour servir d’habitation au commis et au missionnaire. En même temps, de concert avec le Père de Crespieul, il y bâtit une église de 35 pieds de long par 25 de large. ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean
“ Quoique les rochers y soient nombreux, le sol est très propre à la culture ; mais on n’y récoltait autrefois que des patates et quelques autres légumes à l’usage du poste, et l’on allait chercher le foin pour les bestiaux à neuf milles en bas de Chicoutimi, sur la rive gauche du Saguenay, à l’endroit appelé « Les Prairies ». ”
Arthur Buies,
Le Saguenay et le bassin du Lac St-Jean
“ Jusqu’à ces années dernières, on y avait rarement compté plus d’une soixantaine d’élèves à la fois ; de nos jours, les élèves atteignent le chiffre de trois cents et elles ont en outre des institutrices laïques. * * * Une dizaine d’années après la fondation du couvent, on voyait, près du sommet de la colline couronnée par le monument érigé à la mémoire de M. William Price, le « père du Saguenay », s’élever les premiers murs de ce qui allait être le collége de Chicoutimi, institution qui devait un jour prendre un rang distingué même parmi les plus anciennes du Canada. ”
Joseph-Étienne Guinard,
Les noms indiens de mon pays
“ Chicopee Fall est une ville du Massachusetts, États-Unis. Les Indiens qui, à cause de la chute, avaient à portager leurs canots et leur contenu, campaient souvent à cet endroit. Pour bien dormir, ils se faisaient des lits de branches de sapin, d’où le nom de Chicopee. Les Algonquins et les Têtes de Boule appellent le dimanche des Rameaux : « Chinkopi Manadjitagan » ou encore « Chinlopitakonindwa » ; quand on tient des branches de sapin. CHICOUTIMIChicoutimi pour chekotimiw (c’est profond parce que ça engouffre) Cris, Tête de Boule.Racines : Cheko : engouffre ; timiw : profond. ”
Louis Hémon,
Maria Chapdelaine
“ Sur le seuil, ses yeux clairs cherchèrent les yeux de Maria, comme s'il voulait emporter un message avec lui dans les «grands bois verts» où il montait; mais il n'emporta rien. Elle craignait, dans sa simplicité, de s'être montrée déjà trop audacieuse, et tint obstinément les yeux baissés, tout comme les jeunes filles riches qui reviennent avec des mines de pureté inhumaine des couvents de Chicoutimi.Quelques instants plus tard, les deux femmes et Tit'Bé s'agenouillèrent pour la prière de chaque soir. ”
Bibliothèque Canadienne/Tome I/Numéro 1
“ La plus terrible de ces chutes est à trois lieues au delà de Chicoutimy. Le climat, sur les bords du Saguenay, est, suivant Mr. M’Douall, ou plutôt, suivant ce qu’on lui en a dit, plus tempéré qu’à Québec : la végétation y est aussi rapide, plus même peut-être, que dans le voisinage de cette capitale du Canada. Les grains et les légumes qu’on a semés ou plantés au poste de Tadoussac sont bien venus. À Chicoutimy, le sol est meilleur encore qu’à Tadoussac. Les arbres les plus communs sont le bouleau, le frêne, l’orme, le pin rouge et le pin blanc, l’épinette et le peuplier. ”
Comité de protection et de défense des indigènes, Les illégalités et les crimes du Congo
“ Il aurait pu, après les scandales du Congo, ajouter : la colonisation développe le goût de la chicote, — cette chicote que l’on a niée, que l’ai eue entre les mains et avec laquelle il suffisait de frapper un nègre pour lui fendre la peau comme avec un rasoir, où bien pour le tuer en la prenant par le petit bout. ”
