Emmanuel Gonzalès

Emmanuel Gonzalès

Résumé

Portrait de Emmanuel Gonzalès Emmanuel Gonzalès Les caravanes de Scaramouche (1881)

Le roi et ses courtisans, qui arrivaient alors en haut de la colline, avaient été les impuissants spectateurs de cette scène muette et terrible, et des clameurs d'angoisse avaient bondi de toutes les lèvres. Ils mirent pied à terre et descendirent la pente raide et nue.
Mais déjà la princesse s'était approchée du malheureux comte, et d'une voix basse et tremblante, elle lui dit :
« Vous avez sauvé la vie à la reine, senor, et la reine ne l'oubliera pas, soyez-en sûr. »
Villa-Mediana souffrait beaucoup quoique sa douleur ne se trahit point par un seul cri.
Source : Gallica

Portrait de Emmanuel Gonzalès Emmanuel Gonzalès Les caravanes de Scaramouche (1881)

Grâce! grâce! comte de Villa-Mediana.
Je vous pardonne, mais fuyez. Vous ne voulez pas ma mort, n'est-ce pas? ajouta-t-elle en saisissant ses mains. Vous ne voulez pas que votre amour soit pour moi le déshonneur et que je vous méprise? N'est-on pas déjà entré dans ce caveau? Ah! j'ai peur pour vous, je meurs pour vous, Miguel !
— Me croyez-vous lâche, madame!
— Eh bien, j'ai peur pour moi. Je tremble pour moi. Je ne suis pas brave comme vous.
Les femmes n'ont point de courage, allez.
Source : Gallica

Portrait de Emmanuel Gonzalès Emmanuel Gonzalès Les caravanes de Scaramouche (1881)

Au bout de quinze jours d'une semblable exaltation, pendant lesquels sa femme et ses six garçons le crurent sincèrement devenu fou, Ragueneau mit fin à une ode pindarique; oui, une ode! car l'ode était alors la fureur générale, l'épidémie et la contagion du Parnasse, comme jadis le sonnet et le rondeau. L'ode pompeuse et mythologique, toute boursouflée, toute ronflante, toute pailletée d'or comme une princesse de théâtre, l'ode ne marchant que sur des échasses pour mieux dominer, l'ode était la
reine de la poésie, et Boileau lui-même sacrifiait à son autel.
Source : Gallica

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