Édouard Conte

Résumé

Édouard Conte Espagne et Provence, impressions (1895)

Il découvre de la poésie dans n'importe quelle expression un peu délicate de sentiment. Le style n'est pas son cauchemar et il ne chicane pas là-dessus. Peut-être, en provençal, le style est-il chose secondaire. Le style, c'est encore un tourment inconnu de ces heureux écrivains de Provence que les idées abstraites ne tracassent pas non plus. Il leur reste de rendre les choses et les sentiments visibles, palpables, au moyen d'images. Voilà le vrai, le grand don de Mistral. « La nature se roule dans les bras de l'été. — Le Rhône court impatient d'embrasser la Durance, sa maîtresse débraillée. »
Source : Gallica

Édouard Conte Espagne et Provence, impressions (1895)

ESPAGNE ET PROVENCE. 177
ce n'est pas seulement pour se divertir que l'après-midi du dimanche « la jeunesse» s'assemble sur la place et que les plus vifs dansent les pas majorquins, tandis que les plus mous les regardent. C'est pour perpétuer une coutume et cela se voit à la gravité des danseurs. La jota est ici plus décente que voluptueuse. Pendant les repos, castagnettes de s'agiter - quand même et musiciens de chanter, tout en continuant à jouer de leur guitare, les yeux blancs, vagues... Ce sont des aveugles. C'est une opinion commune dans ce pays que la cécité crée de bons exécutants.
Source : Gallica

Édouard Conte Espagne et Provence, impressions (1895)

Avignon est désert. Les félibres en sont partis. J'en ai accompagné, hier, une bande à la fontaine de Vaucluse. On prend, jusqu'à l'Isle-sur-Sorgue, un chemin de fer qui traverse une plaine fertile en melons, tomates, luzerne, rafraîchie par des canaux d'arrosage qui font glou-glou, verdie par des mûriers, argentée par des peupliers blancs, soulevée par des contreforts de montagne qui lui poussent des pointes arides sous un couvert de bataillons d'oliviers.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature