Judith Gautier,
Le Collier des jours
“ La fontaine de Vaucluse ! je la connaissais, je la savais même par cœur, et elle m’avait fait bien souvent rêver. Je la contemplais tous les soirs, avant de m’endormir, et tous les matins en m’éveillant, car, dans la chambre des tantes, une belle gravure encadrée la représentait. Au milieu d’un paysage nébuleux, on voyait, d’une vasque pareille à une coupe géante, l’eau ruisseler en débordant ; un jeune homme et une jeune fille accouraient pleins d’impatience et tendaient leurs lèvres avidement ; des petits anges voltigeaient au-dessus de la coupe et semblaient les inviter à boire. ”
