Résumé

Portrait de Jean Brunhes Jean Brunhes Revue des Deux Mondes

Prendre d’abord en considération les besoins physiologiques des hommes, ainsi que nous l’avons fait, c’est expliquer comment, dès ses premiers pas et dès ses premières heures d’existence, l’être humain, quel qu’il soit, entre fatalement en contact avec le monde physique. Une fois ces nécessités rappelées, n’y a-t-il pas urgence à délaisser non seulement toute notion a priori, tout parti-pris, mais toute donnée spéciale concernant l’organisme humain ? N’y a-t-il pas moyen de mettre à l’origine de toute géographie humaine moins de connaissance acquise de l’homme et plus de géographie ?
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La géographie humaine est le domaine du compromis ; rien n’est absolu ni définitif pour l’espèce humaine, sur le globe, que ces lois générales et ces conditions fondamentales qui déterminent les limites au-delà desquelles est exclue et proscrite toute vie ; encore les hommes sont-ils capables, sinon certes de reculer indéfiniment toutes ces limites, en altitude, en latitude, en profondeur, etc., du moins d’en forcer ou d’en modifier quelque peu quelques-unes.
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Bien plus, un autre fait de géographie humaine s’établit : la route, qui était autrefois la mer elle-même, la grande voie commune et naturelle de tous les cabotages, revêt d’autres formes : c’est la voie ferrée courant le long des parties les moins accidentées du littoral, et qui ne fait jamais l’ascension des collines isolées. La route — qui ne « crée » pas, quoi qu’on en dise « le type social, » — exprime et renforce en même temps cette tendance psychologique qui pousse les hommes à mieux comprendre et à mieux exploiter les facilités de relations.
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